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Texte Libre

Vendredi 29 février 2008

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I - Meeting

Et je traînais mon spleen dans les bars de ces ports

Où je buvais la bière à en perdre le Nord…
J’errai sur cette plage où l’infini du sable
Confondait son écume aux embruns inlassables…
Je restais seul au soir debout sur ce ponton
A regarder la nuit envahir l’horizon...
Il y avait des bateaux où les marins embarquent
Et j’en rêvais assis sur la coque des barques!
Le temps semblait figé comme une longue nuit
Sans pouvoir retenir  le goéland qui fuit…


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Et puis dans la grisaille un matin je l’ai vue
Qui regardait la plage et en prenait des vues…
Elle était absorbée à faire ses photos
Et je la regardais sans pouvoir dire un mot…
Des mouettes criaient, partant à tire d’ailes
Et ses cheveux défaits s’envolaient autour d’elle 

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Mais en se retournant elle m’a aperçu

Et d’un  regard si franc je ne fus point déçu…
Nos pas sur cette grève, ensemble sans mot dire
S’enfonçaient dans le sable et j’entendais son rire
Tandis que nous courions ainsi que des enfants
Au bout de la jetée où soufflait fort le vent…

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Le temps devint humide envahi par la bruine
Et ses cheveux mouillés sur sa joue enfantine
Donnait un air sauvage aux traits de sa beauté
Alors qu’elle avait froid et qu’elle grelottait…
Doucement de mon bras j’entourai son épaule
L’abritant de ma cape ainsi que d’une étole
Et,  protégeant nos corps que la pluie effleurait,
Son corps encor tremblant contre moi se serrait…

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Je ne sais plus comment dans ce bar où nous fûmes
Afin de les chauffer comme au  feu qu’on rallume

Nos mains l’une dans l’autre unirent leur tiédeur
Tandis qu’un chocolat fumait avec douceur
Toujours sans me parler elle posa sa tête,
Lasse, sur mon épaule en l’instant qui s’arrête...
Et je restai ainsi sans plus oser bouger
Veillant sur ce sommeil où le soir la plongeait…

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Moi, vagabond des mers, sans but en ma dérive,
J’avais soudain à moi, Princesse belle et vive !
J’aurais voulu, vraiment – était-ce Vanité ? -
Prolonger ce moment pour une Eternité…
Mais j’avais oublié que le temps n’est qu’un leurre
Qui nous ôte la vie à chacune des heures…
Quand je portai ma lèvre à son front apaisé
Elle se tourna pour me donner un baiser…

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Mais comment retenir une âme aussi sauvage
Dans l’impétuosité que lui donnait son âge ?
La nuit venait déjà, elle voulait partir
Et sans savoir son nom, je la laissai s’enfuir…

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J’errai sur la plage où l’infini du sable
Confondait son écume aux embruns inlassables…
Et je traînais mon spleen dans les bars de ces ports
Où je buvais la bière à en perdre le Nord…

   

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II - From Here

Cette longue jetée avançant sur les flots

Une mer grise et bleue en ce matin très tôt

Sur ses planches de bois d’un pas lent je l’arpente

Et la brise me frôle en sa caresse lente…

 

C’est un endroit connu de Douvres ou Brighton

Où j’ai déjà vécu, serait-ce l’émotion ?

Sa  déserte jetée au matin qui se lève

Nous y marchions ensemble, était-ce donc un rêve ?...


Dis... 

Etait-ce donc un rêve ?...

 

  

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III -  Darkness


Ce ciel si tourmenté dans la douceur d’un soir
Où émerge un profil de lampadaire noir,
Sur cette promenade où je vais solitaire,
Me fait comme un linceul de sa quiétude austère…

L'absence est bien cruelle autant qu’est   le destin
Et d'une vie entière il n'est même besoin
Pour dire le regret d’une seule existence
En l’instant de douleur qui pleure une présence….

Les nuages sont gris, semble-t-il, sur la mer
Ainsi que l’est  mon âme, au désespoir amer,
Sur cette promenade où je viens et où j’erre
Et me fais un linceul de mes pensées austères…

 

  

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IV - Loneliness

Au-delà des ces mots que tu ne me dis plus
Dans la  contemplation de la plage déserte
Je pense encor à toi, quand ta lèvre entrouverte
Me murmurait d’un souffle un amour absolu…

Sur le sable je marche où la mer vient mourir
D’une vague sans force autant que l’existence
Le sais-tu ? Ton silence empreint mon espérance
De bourrasques du large où le vent t’a fait fuir…


Où le vent t'a fait fuir...



 

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Photographies :
Alice
Remerciements à l'Artiste

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Copyright ©lailesurlaplume
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Mardi 19 février 2008

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Je m’en vais maintenant, d’ici, comme de moi…
Je laisse cette vie où je suis à l’étroit…
 Je n’en veux à personne et je ferai en sorte
Que tout au fond de moi, en mon cœur, je vous porte… 


undefined  J’ai brûlé mes dollars et n’emporterai rien
De tout cet univers où  nul  ne me  retient…
Je marcherai au long des  chemins et des routes
Monterai dans des trains pour voyager en soutes…


Pourquoi donc vivre ici, si je ne puis rêver
A ces immensités où je veux me trouver ?

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A quoi bon patienter quand tout, là bas, m’attire
Dans le vent et la pluie, au ciel qui se déchire ?…



undefinedJe serai vagabond comme le fut Kérouac
Et tiendrai ma richesse au feu de mon bivouac
Car le ciel si obscur sera ma chaude toile
Quand je  m’endormirai sous un  regard d’étoiles…




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 Je foulerai  le sable au soleil du désert
Et descendrai le fleuve au canyon qui se perd,
Je monterai plus haut au flanc de la montagne
Et je vendrai ma force au travail des campagnes…



06-1-.jpgEt puis je partirai plus loin au nord du Nord,
Seul,  mon sac sur le dos, ainsi qu’un chercheur d’or
Pour vivre la vraie vie en la steppe sauvage
Et lui léguer, enfin,  mon âme en héritage !



Et lui léguer, enfin...

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... mon âme en héritage ...



© lailesurlaplume - 2008 - Tous droits réservés
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Site officiel du film de Sean Penn "Into the Wild" : http://www.intothewild.com/
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Mercredi 13 février 2008

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Ce qu’il faut de courage à ne point abdiquer
Le sais-tu ? Et de peine à tant s’en expliquer
Alors que tout nous pousse en l’infini du vide
Au bûché d’un présent que le passé lapide…


Ecoute la douceur  monter encore en toi
Quand la musique fait un ciel de mille émois
Au cœur de ton orchestre où tu es le pianiste
Et que tes doigts enfin te font comme une piste…



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Ce qu’il faut de tourments à  ne jamais sombrer
Le sais tu ? Et de pleurs à ne les dénombrer…
Alors que tout t’appelle à tomber en démence
Aux notes d’un concert qui fredonne l’enfance…

 

 


 

Marche sur les chemins qui vont à travers champs
Quand l’hirondelle enfin te refait un Printemps :
Ton cœur est ton orchestre et bat comme une fête
Ce concerto est tien, vibrant sous ta baguette !

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Ce qu’il faut d’amnésie à ne s’interroger
Le sais-tu ? Quand la vie, il nous faut prolonger
Alors que chaque jour n’est qu’un plaisir futile
A ne livrer d’un cœur que lambeaux inutiles…

 



Vois-tu, si cette larme, en ce tourment secret,
Me vient quand la passion s’accroche à ton archet

Me faisant sa violence au fond de son murmure
C’est que sans l’avouer … son tempo me rassure…

 

C’est que sans l’avouer …

Son tempo me rassure…


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Peintures : Pablo Picasso et Nicolas de Staël
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Dimanche 10 février 2008

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Quand l’eau  sur toi  s’écoule en  elle je me coule
Les yeux sur toi je ferme et me ferme à tes yeux
Quand ta froideur se drape  à  mon ciel sous tes cieux
Du mieux que je le peux à ce froid je m’enroule…


Ange des hautes mers tu as l’âme profonde
Des âmes disparues aux creux des océans
Et mon âme mortelle et seule infiniment
En ton abysse plonge et se confond dans l’onde…

Où vas-tu ma frégate aux courants qui t’emportent
Ta coque endommagée aux assauts de la mer
Ne résistera plus longtemps aux flots amers
Car Là où tu t’en vas nul bateau ne t’escorte…

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Je construirais un port pour replier tes voiles
J’érigerais palais voluptueux de calme
Et la sérénité enfin que tu réclames
Si tu voulais un jour venir sous mon étoile !

O mon Ange du soir ta souffrance m’inonde
Et dans l’onde me coule au gré de ta douleur
De ta voix qui s’essouffle autant qu’une rumeur
S'estompant dans la nuit pour déserter le monde…


Mais si l’onde me coule à toi donc je m’enroule
Pour draper ta froideur de chaleur de mon mieux
Du mieux que je le peux, pour m’ouvrir à tes yeux
Dans ton eau je me coule et de toi je me saoule…

© lailesurlaplume - 2008 - Tous droits réservés

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Peintures : Joseph Mallord William TURNER
(Londres : 23 avril 1775 - Chelsea 19 décembre 1851)UTURNER_P2_T.jpg

 

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Lundi 4 février 2008

 

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Ton murmure s’est fait bruissement d’un feuillage...
Et ton souffle qui manque à mes journées sans âge
Se confond, je le crois, aux bourrasques de vent
Où l’écho de ta voix se mêle bien souvent…

En ce ciel bleu et pur, tu as fait le silence
Mais l’Azur où tu gis n’est plus qu’une souffrance
Sous le soleil qui luit de ses rayons de feu
Eblouie, je défaille en croyant voir tes yeux !

Car je te sais si près, foulant l’herbe menue
Du frôlement discret de tes pas en mes pas, 
Qui vibre et monte en moi, si ton ombre n’est pas !

Faut-il de cette flamme encore entretenue
Eclairer mon chemin pour partir à jamais
Dans l'Absence du Monde où je t’ai tant aimé ?…

 

© lailesurlaplume - 2008 - Tous droits réservés

5.jpgJ'ai cueilli ce brin de bruyère
L'automne est morte souviens-t'en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps Brin de bruyère
Et souviens-toi que je t'attends

Et souviens-toi que je t'attends

Guillaume Apollinaire (L’Adieu)LucienFreud.jpg




Peintures : John CURRIN Né en 1962, à Boulder, Colorado USA
& Lucian Michael FREUD, né le 8 décembre 1922 à Berlin (Allemagne),



lucian-Freud.jpg

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