Présentation

Texte Libre

Lundi 31 mars 2008

 

Voir avancer la vie et puis prendre de l’âge
Avec tant d’avenir par le temps enlevé
Dans l’écume des jours qui a froissé les pages
D’un livre qu’on voudrait ne pas voir s’achever…

Retourner sur mes pas pour refaire la route
Que j’avais jalonnée avec de beaux projets
Désertés un à un comme autant de déroutes
Qui ont rayé mon cœur tels des diamants brisés…

Ressentir à nouveau d’une femme croisée
L’ineffable parfum, émouvant et subtil
Que portait la première à qui j’avais osé
Avouer mon amour en un beau jour d’avril…

Voir les amis restés et ceux que j’ai perdus
Refaire encore le monde en écoutant Pink Floyd
Et retrouver le goût des rires éperdus
Quand nous moquions l’amour pour mieux en chanter l’ode…

A courir après tout je n’ai rien embrassé
Que de vagues sujets que je croyais sérieux
Et dont j’ai bien trop tard compris l’inanité
A suffire à ma vie et à me rendre heureux.

De tout ce temps passé que donc me reste-t-il
Cette vague amertume et quelque nostalgie
Que je voudrais rayer d’un trait définitif
Comme si je pouvais en dispenser ma vie

Car j’ai passé mon temps faisant semblant de vivre
Alors qu'une autre vie attendait quelque part
Dans le cœur d’un piano ou les pages d’un livre,
Entre les quais de Seine ou les allées d’un parc

Enfin de tout cela que faut il donc déduire
Que faut-il donc garder, que faut-il donc jeter?
Elaguer l’inutile afin de reconstruire?
De tout se séparer pour garder la beauté ?…

De tout ce qui fut moi je trouve encor le goût
D’une amie enfin là pour comprendre mon âme
D’une grande détresse au soir d’un amour fou
Ou peut-être encor bien du regard d’une femme

Je ne sais dire encore, autant qu’il le faudrait,
L’indicible douleur d’un espoir qui me quitte
De ces jours habités d’un infini regret,
A retenir en vain les désirs dans leur fuite...

Mais si tout paraît vain faut-il garder l’envie
D’un signe, d’un regard, afin de me sauver
De l’abîme insondable où se tient la non-vie
Me replonger serein dans le temps retrouvé...

Et donner sans compter, pour aimer sans retour,
N’attendre rien enfin de ceux à qui je porte
Pour eux même et rien d’autre, un aussi grand amour
Qu’un signe de la main à ma jeunesse morte…


 


publié dans : lailesurlaplume communauté : L'écriture dans tous ses états ajouter un commentaire commentaires (31)   
Lundi 24 mars 2008


Coin_de_table.jpg

Ils mettent leur espoir dans les mots des poèmes
Qui parlent de leur peine ou de celle qu’ils aiment
Et ils ouvrent leur cœur comme on donne un serment
Sans calcul ni méfiance ainsi qu’on fait enfant !

 

Ils n’aiment pas ce monde où le sort les fait naître
Ils en font donc un autre en inventant peut être
Des mots pour une vie  au nouvel univers
Où l’on dirait l’amour en déclamant des vers !

Ils sont à fleur de peau et ne peuvent se taire
Et de la vérité ne veulent rien soustraire
Quand règne la censure et la langue de bois

Eux, ils ne cachent rien de leur âme aux abois…

Ce sont de doux rêveurs nuageux en leurs têtes
Mais ils ont la candeur de l’âme des poètes
De ceux qu’on a honnis, jadis, comme Villon

Beaudelaire ou Rimbaud, au spleen des déraisons !

Ils savent de la vie un douloureux  mystère
Celui que d’exister n’est que souffrance amère
Et ne tenir enfin pour justification
Qu'une mélancolie au fond de l’émotion…

Ils sont de ces cœurs purs qui ont du mal à vivre
Et dans ce désespoir que souvent ils nous livrent
Ils nous donnent l’envers de l’insigne miroir
Ce reflet de leur âme où l’on ne veut se voir…

lhypoc5.jpg
où l’on ne veut se voir…

batignolles.jpgPeintures : Ignace Henri Jean Théodore Fantin-Latour
(Grenoble le 14 janvier 1836 - Buré le 25 août 1904)

65.jpg250px-Baudelaire1.jpg










Dédié à  
Alice-HUGO.jpg

et son ode magnifique à la Poésie
Ecrire

publié dans : lailesurlaplume communauté : L'écriture dans tous ses états ajouter un commentaire commentaires (30)   
Samedi 15 mars 2008

Claude_Joseph_VernetxxA_Stormy_Sea.jpg

Je te conterai cette histoire
D’une légende sans mémoire
Au fond des mille et une nuits
Lorsque la lune blanche luit…

Celle d’un pêcheur scandinave
Jeune et blond garçon au teint hâve
Qui rêvait seul sur les rochers
Pour voir le soleil se coucher…

Face à l’océan et sans peine
Il rêvait l’étrange sirène
Qu'évoquent souvent les anciens,
Les jours où le bateau revient...


pavy02_pouce.jpg


Elle était grande douce et belle
Et sa chevelure autour d’elle
Irisait de sa lumière d’or
Les eaux et les voiles du Port…

 


Combien auraient voulu connaître
La magique beauté d’un être
Qui ensorcelait les guerriers
Afin de mieux les attirer…

Pourtant, le soir aux lueurs sombres,
Lorsque les flots dans la pénombre
Pleuraient leurs larmes aux parois
Des fjords, il demeurait sans voix…

 

26220.JPG





Il aurait donné maintes pêches
Mis son navire en cale sèche
Pour l’entrevoir un seul instant
Et lui livrer son doux serment…


Une nuit d’hiver sans étoile
Sous le vent, il vit une voile
Prise dans les flots rugissants,
Par la force des éléments...



C’était un navire en naufrage
Qui tentait vainement l’amarrage
Mais ne pouvait, des tourbillons,
Eviter un sort de perdition…

vernet10.jpg
Alors il l’aperçut, si frêle,
S’agrippant au mat: c’était elle !
Quand une lame l’emporta,
Sans réfléchir, il se jeta !

Dans l’eau, on les vit se rejoindre
Et leurs chevelures se joindre...
Puis la mer unit leurs deux corps
Pour les engloutir dans mort !

 

6nomura0.jpg

Le sais-tu, aujourd’hui encore,
Aux vents que les pêcheurs abhorrent
On prétend que se mêlent les cris
Des amants qui se sont épris…



Des amants qui se sont épris…

 

vernet_380.jpg








Peintures : Claude Joseph Vernet, (Avignon le 14 août 1714 - Paris le 3 décembre 1789)

publié dans : Poesies du temps d'antan communauté : L'écriture dans tous ses états ajouter un commentaire commentaires (23)   
Lundi 10 mars 2008

17.jpg 

Entourés par la Lande et par les marécages
Enveloppés de brume et de sombres présages
Naissant avec la nuit, se dressent dans le noir
Les incertains contours d’un sombre et vieux Manoir…

 

dessin037.jpg
Ses tours tombent en ruine et des herbes sauvages
Recouvrent les grands murs de leurs obscurs feuillages
Sous un toit effondré, là haut dans un grenier,

Un hibou a pris gîte : il se met à huer… 


28-copie-1.jpg

Dans la cour désertée une mousse putride
A recouvert le sol d’un vert tapis humide,
Un vieux portail rouillé grince et crie en s’ouvrant,
Sur ses gonds fatigués il semble agonisant…

 

48.jpg
Parfois on peut entendre une cloche qui sonne
Mêlant aux bruissements sa note monotone
Elle est depuis longtemps l’unique objet vivant,
Se réveillant parfois aux bourrasques de vent…
 

 

27-copie-1.jpg
Tout est désolation depuis bien des années
Il ne reste plus rien dans les pièces hantées
Par les esprits de ceux qui ont vécu ici
Dans ce triste Manoir qui tombe dans l’oubli…

© lailesurlaplume - 2008

40.jpg 

dessins de Victor Hugo

publié dans : Poesies du temps d'antan communauté : L'écriture dans tous ses états ajouter un commentaire commentaires (24)   
Blog : Business sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus