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Texte Libre

Samedi 26 avril 2008

 Je partirai par un matin

Souillé de brumes hivernales…

J'aurai jeté tous mes refrains

Toutes mes illusions fatales !

J'aurais  ôté de mon esprit

Ces rêves qui font des mirages...

 

Et, las, sans rêves ni dépit,

Sans amour, ni haine ni rage,

Je m'éloignerai lentement

De la ville encore endormie...

Et mon coeur plein d'enchantement

Ne regrettera plus sa vie…

 

Car je marcherai de longs jours

Dans les forêts et les campagnes,

Car, ainsi, j'irai pour toujours

Sans chien, sans ami, sans compagne.

 




















Peintures : Jef Friboulet
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Vendredi 18 avril 2008

 

   
Navire à la dérive aux marins sans boussole

 Mon âme erre en la nuit en recherchant ton pôle  

 Et ce trésor d’amour que tu m’avais offert  

 Pour armer mon esquif partant en haute mer… 


 
Mais il n’est plus de havre et  de baie en ton cœur  

Pour me faire un abri aux vents dévastateurs  

Les amarres larguées et déjà loin du port  

J’ai vu briller l’azur mais j’ai perdu le nord… 

 

Ne voudras-tu jamais sous le mas de misaine  

Du navire en partance être mon capitaine  

Et d’un sextant expert fixant le firmament  

Me sauver du naufrage et calmer mes tourments… 

 
  
   
Mais tu m’as déserté partant vers d’autres rives  

Laissant mon fol espoir aller à la dérive….  

Sauras-tu donc jamais toi qui m’ouvris les yeux  

Que pour toi je partis sur l’océan houleux...

   

©lailesurlaplume - 2008  
 

 

 

 Peintures : KTie

 

 

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Jeudi 10 avril 2008


Toi mon autre moi-même à te porter en moi
J'épuise mon regard à ne pouvoir te voir
Au tréfond de mon âme où tu gis dans le froid
Quand saisir ton absence est comme un désespoir...

A ne plus rien comprendre autant que de souffrir
Et tant faire souffrir, j’ai perdu l’illusion
D’un jour être moi même autant que le désir
De me battre pour vaincre aussi grande affliction…

Je voudrais retrouver l’univers enfantin
Où je rêvais ma vie au rythme des jeudis
Quand le temps infini en mille serpentins
S’envolait au soleil de mes après midis…

Je voulais rire et vivre et le faisais pour deux
Et pour toi, aussi bien, je voulais posséder
L’univers tout entier pour que tu sois heureux,
Sentir ce frère en moi qui pourrait me guider…

Mais je n’ai jamais pu ou n’ai jamais voulu
Accepter cette tombe où gisait pour toujours
Les rires d’un enfant que je n’entendrais plus,
Le regard de cet Autre au confins de mes jours…

J’ai poussé sans grandir gardant aussi profond
Ce manque de quelqu’un qui a brisé le lien
Qui m’attachait au monde et fait mon abandon
Lorsque la nuit revient sans mon ange gardien !

Ces années ont passé et ne m’ont rien appris
Je t’ai cherché en vain, toi, mon alter ego
Autant je t’ai cru là mais toujours me mépris
De ce bonheur rêvé ne gardant que lambeaux!

J’ai tant écris pour toi, j’ai tant crié ton nom!
En poème ou en prose, que de mots il fallut
Pour épuiser ma foi, quitter mon ambition,
Accepter d’être seul et ne t’attendre plus…

Oui, si grande est ma peine à déserter ma foi
Que vanité me vient d’être encore ici bas,
De prétendre autrement, sinon par désarroi,
Quitter enfin ce monde où tu n’existes pas...


©lailesurlaplume-2008
 

 

 

 

 











Peintures : Salvador Dali

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Dimanche 6 avril 2008

 

Un rayon de lumière est venu ce matin
Caresser les buissons et les fleurs du jardin
L’air était un peu froid, l’herbe toute mouillée
Sur la plaine j’ai vu quelque blanche nuée…

Un instant j’ai marché sans bruit sur le sentier
Sans m’en apercevoir doucement j’ai rêvé…
Alors j’ai retrouvé des choses oubliées
En voyant les cyprès et leurs branches pliées…

Je regardai le ciel qui était pur et bleu
Et la mer au lointain qui scintillait un peu
Sur sa ligne d’azur, à l’horizon qui flanche
Penchait une fugace et frêle voile blanche…

Mais un instant plus tard le soleil  se leva
Dans le ciel  triomphant, au loin, il s’éleva
Inondant le jardin de mille couleurs vives
Il éblouit  mes yeux et mon âme rétive…

Et quand fondit le givre en mille gouttes d’eau
Et coula la rosée en un lent filet chaud,
J’aurais voulu pleurer en laissant une larme
Mourir sur l’herbe humide où s’estompait un charme !










Peintures : Claude Monet (Paris : 14 novembre 1840 – Giverny : 5 décembre 1926)





 















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