
Qui a levé ses mains sur toi,
Qui t’as battue, et bafouée,
Celui-là, malgré l’hyménée,
Est-il encor digne de toi ?
Je ne sais ce que tu ressens
De l’humiliation de ton être
A te soumettre à un tel maître,
On n’achète pas les sentiments !
Pourquoi de tes jours attacher
Tant de la fleur de ta jeunesse
Et de tes dons de poétesse
Au joug sombre de ce geôlier ?
Ton âme a tant de pureté
Que rien ne la tient prisonnière,
Elle vole d’une aile légère
Au dessus des méchancetés !
L’amour rayonne autour de toi
Il éclabousse tant de monde ,
Donnant de ton âme profonde
Bien plus que tu ne reçois…
Pourquoi vivre s’il faut souffrir ?
Pourquoi souffrir une telle vie ?
Pourquoi réprimer ton envie
De voir enfin ton cœur s’ouvrir ?
Et je ne veux te voir jamais
Etre coupable pour cet autre
Qui ne reconnaît pas sa faute
Méprisant tout ce que tu es !
Refuse d’être son soutien
Et l’esclave de sa faillite,
Inflige le mépris qu’il mérite,
Apprends à ne le craindre en rien !
Qui a levé ses mains sur toi
Qui t’as battue, et bafouée
Celui-là, malgré l’hyménée,
Est-il encor digne de toi ?
29 mai 2007


Tu es mon sang, mon âme, mon cœur
Et tu es dans mon existence
Souffrant pour moi mille malheurs
Pour m’assurer de ta présence !
Macuscha !
Jamais je n’ai été aimé
Ainsi que ton amour résonne
D’un désir aussi enflammé
Qu’à chaque jour je m’en étonne !
Macuscha !
Comment aurais-je pu savoir
Qu’un jour au long de ma route
Surgirait devant moi l’espoir
D’être moi-même sans le doute !
Macuscha !
Tu veilles mon bel ange blond
Et ton amour moire mon âme
Des vraies couleurs de la passion
Et de ces fabuleux sésames !
Macuscha !
Tu es le sang qui coule en moi
Tu es la voix qui me rassure
Tu es partout où tu n’es pas
Et le satin de ma parure !
Macuscha !
Et dans le tumulte j’ai peur
De tous ceux qui te veulent prendre
Te bercer si loin de mon coeur
D’illusions pour te méprendre
Macuscha !
Mais je sais que tu n’es qu’à moi
Que le cour violent de ton fleuve
Jette son eau en mon delta
Comme la mer je m’en abreuve…
Macuscha !
Tu te bats contre mes tourments
Et de tes deux poings que tu serres
Tu fais face et tu me défends
Erigeant pour moi tes barrières !
Macuscha !
Tu es le sang de mon amour
Tu coules ta vie dans mes veines
Et me nourrit à chaque jour
Du nectar d’une âme de Reine !
Macuscha!
28 mai 2007

Tu es mon âme...
Tu es mon cœur….
Mon amour...

Ton corps s’offre, ton corps se donne
De ses formes harmonieuses
il est torrent qui me bouillonne
Dans le flot de ses pulsions houleuses…
Ton corps aux hanches de l’Antiope
Galbées d’onduleuses syncopées
Se fait pour moi kaléidoscope
Jouant de la vengeance d’Epopée…
Il m’attire et me tourmente
Et le désir en moi fait naître
Qui me remplit de son effervescence
Au point de me posséder en maître…
Tes jambes qui s’étirent et se croisent
Ta poitrine pointant sous ton corsage
Ce visage d’une harmonie matoise
Et ta peau, tes reins aussi doux fuselages !
Ton corps de sirène obsède ma vie
Excite mes sens et agite mon âme
Qui boue de l'irrépressible envie
D’être enfin l’Homme qui te fera Femme !
26 mai 2007
Insomnie dans la nuit où tu gît

Et si tu t’en vas vers un autre
Alors je ne serai pas l’apôtre
Qui tend son autre joue
Au moment où tout se joue
je ne laisserai rien dans le vague
Je planterai profond ma dague
Dans la chair des mécréants
Et je les saignerai à blanc !
Et pour faire bonne mesure
Je prolongerai leur torture
Par tant de raffinements
Qu’ils regretteront longtemps
D’avoir omis de respecter
La femme sublime que tu es…
Et je découperai leur corps
Pour qu’ils en soient bien morts !
Je serai têtu et intraitable
Je serai méchant et implacable
De souffrir une telle avanie
Infligée par tant de vilénie…
Non, je ne suis pas un ange
Et ne mérite pas louange
Mais si j’aime, je ne peux
Partager avec les envieux !…
Alors dis leur une bonne fois
Aux prétendants de ce tournoi
Le foulard que tu m'as donné
Pour que je sois ton chevalier
A te servir, ma Dame si tendre!
Il leur faudra le reprendre
A la force de leurs armes
Sous la fureur de mes alarmes…
Pour toi je serai prêt à tout
Et s’il me faut être jaloux
Des courtisans trop proches,
J’en accepterai ton reproche !...
Mais si demain tu me reniais
Alors oui je me soumettrais
Et je devrais faire allégeance
A ta volonté d’indépendance…
24 mai 2007

publié dans :
Les tourments
2
Ne plus être moi-même et ne penser qu’à elle,
Dans l’écume d’un jour de vie artificielle
Je cède à mon ennui qui mine mon trajet
Sans saveur et sans but,vers d’aussi vains projets…
Au point de défaillir, au feu de ma blessure,
J’ai besoin de sa voix pour qu’elle me rassure
Et du désir si fort de la vouloir autant,
Revient ce besoin d’être avec elle tout le temps…
Partir dans le soleil, attendre sous la pluie
Mes pas me font défaut, lorsque je m’y appuie
Car j’ai mal dans mon corps de ne sentir le sien
Mais ne veux pas guérir d’un mal qui est un bien !…
J’étouffe désormais dans ma vie ordinaire
Car j’en veux au destin et à la terre entière
De me séparer d’elle et ne pouvoir la voir
Comme un aveugle avance à tâtons dans le noir…
Faut-il donc que j’explose enfin pour tout refaire
Car d’elle je veux tout et ne puis plus le taire !
24 mai 2007
Illustrations : S. DALI


publié dans :
Les tourments
0

Figé, anéanti, je regarde l’écran
Où je ne te vois pas, où ton vide est si grand
Que j’éprouve le mal fulgurant d’une dague
Qui se fiche en plein cœur tandis que je divague…
Oui, il faut que je le dise et pour ne rien cacher
J’ai tant le mal de toi à ma gorge attaché
Que j’étrangle mes mots et l’envie de t’entendre
Qui bruisse à mon oreille en pleure à s’y méprendre…
Et tu manques à mon âme autant que le flambeau
Qui manque dans ma nuit et frappe à mon tombeau…
Oui je ne suis pas fort beaucoup pourront en rire
Peu m’importe à la fin si je n’ai ton sourire
Et ne trouve ton cœur à mon cœur attaché
Car jamais ne pourrais de toi me détacher…
Comment dire autrement : je meurs de ton absence
Etre ici ou ailleurs si loin de ta présence
C’est chercher la lumière au fin fond de ce ciel
Que ton silence aurait vidé de son soleil…
23 mai 2007
Voilà que tu cherches ton bien
Dans les vitrines de ma nuit
Achète-moi je ne vaux rien
Puisque l'amour n'a pas de prix
Comme une louve sous son loup
Quand je vous ferai des petits
Vous banderez vos yeux jaloux
Avec un loup de satin gris
Tout comme est gris le jour qui va
Petite sœur écoutez-moi
Comme un bateau entre mes doigts
Vous coulerez je vous le dois
Vous coulerez je vous le dois...
Léo Ferré
Illustrations : Nicolas de Saël
publié dans :
Les tourments
3
C’est une Dame âgée qu’une enfant tient par l’épaule…
Faut-il voir dans le sourire de la jeune femme
Le bonheur d’être petite fille comprise en son rôle
Et la résignation d’une âme pure, dans les yeux de la dame ?
C’est l'image d’un temps passé mais si présent encore
Qui fait revenir en ton cœur ta tendresse d’enfant
Celles des doux baisers volés que ton souvenir dévore
Et cette odeur d’elle, aussi présente qu’aux années d’antan…
C’est une dame âgée qu’une enfant tient par l’épaule…
Je sais combien son esprit habite toujours ton coeur
Et combien de sa vie tu gardes les images que tu colles
Sur le grand tableau noir pour cacher les vides du malheur…
C'est une Dame...
Ne sois pas triste ...
Elle vivra toujours en toi...
publié dans :
Les tourments
1
Quand d’un visage d’ange enfin tourné vers moi
De ses yeux bleus et doux, espiègle,elle me couvre
Elle rit aux éclats pour me laisser pantois
En mimant durement sa colère de louve …
Comment oser te dire à toi qui me connaît
Que je rencontre enfin la femme que sans trêve
Nous recherchions tous deux sans la trouver jamais
Sinon dans les romans qui fermentaient nos rêves…
Mille fois te dirais-je encore sa beauté
Son corps si élancé, ses fines mains de fée,
Sa voix au timbre chaud qui me calme d’emblée…
Pourquoi te cacherais-je, ami du temps passé
Que c’est Elle que j’aime et qui me donne vie
Que c'est son cœur qu'elle offre et que j’en ai envie !
21 mai 2007


Lentement et avec chaque morceau
Que tu me donnes de ta vie,
Je reconstruis chaque matin ce tableau
Où je peins sur une toile unie…
Je voudrais en avoir plus toujours
Corriger des perspectives trompeuses !
Mais combien me faudra de jours
Pour unifier enfin ton puzzle
21 mai 2007