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Texte Libre

Dimanche 1 juin 2008

 

   

Elle s'était assise et d'un air nonchalant,

Un bras sur le fauteuil posé négligemment,

Elle me contemplait d'un regard incertain

Scrutant l'ailleurs en moi qui ne pouvait plus rien...


 
 

L'éventail déplié qui ne lui servait plus

Reposait sur sa robe entre ses doigts ténus,

Se confondant aux flots légers du satin noir

Semé de fleurs de sang où il venait de choir...

  

Ainsi elle attendait devant moi, avec grâce,

De ses lèvres fermées, sans pli et sans espace,

Au galbe de ses joues à l'étrange pâleur,

Rien ne semblait devoir trahir les jours de pleur...

  

Je me sentis petit devant sa dignité

Et des mots de pitié que j'avais apportés,

Je n'en pus dire un seul pour lui parler de lui

Quand, dans ses yeux d'airain, juste une larme luit...

 

Peintures : Pablo Picasso

 

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Dimanche 25 mai 2008


Le procès de  Baudelaire se tint le 20 aout 1857...
Voici ce que le poète aurait pu dire de ses juges!



J’ai écrit avec cœur, j’ai écrit avec l’âme
J’ai voulu tout donner au flambeau de ma flamme
Révélant ma souffrance autant que mes bonheurs
Ne cachant rien du vide et du doute intérieur !

J'ai donc fait ce voyage au plus profond de l’Etre
Comme une initiation que l’on prend à le lettre
Et qui me fit vertige au point de défaillir
Quand des esprits malins voulurent m’assaillir !...

En ai-je alors commis pêché d’apostasie
A vouloir tant servir la pure poésie
Et faire un rituel sacrifice d’espoir
Au bruissement vainqueur d’une aile d’ange noir ?

Mais quand son vol lugubre aux confins de l’espace
Se fut évanoui comme l’orage passe
En poète meurtri du monde rejeté
A mes juges je fus en pâture jeté…

Et parmi mes censeurs en grande confrérie
Intentant ce procès fait en sorcellerie
Je reconnus alors – et combien j’en ai ri !-
Ceux là même qu’hier mes vers avaient nourri !

Face à leurs injonctions, je plaidais qu’un poète
En son pays souvent n’est pas même prophète
Mais qu’il va son chemin ne dissimulant rien
Et n'écrit pas pour plaire à ceux qui font ses liens !

A l’heure du verdict, je ne puis que  me taire
Jugez moi donc coupable alors d’être un faussaire
De travestir mon vice en de faux sentiments
Et faire de mes mots d’infâmes boniments !

Condamné au silence et privé de ma plume
Prisonnier, en viendrai-je à mourir d’amertume
Quand au grand désespoir dont mon cœur s’alourdit
S’ajoute les regrets d’un poète maudit !

© lailesurlaplume - 2008












LE PROCES DES FLEURS DU MAL

 

Arthur Rimbaud disait de lui «C'est un Dieu».
La justice de Napoléon III - qui voyait plutôt en lui un diable - le contraignit à retrancher plusieurs poèmes des « Fleurs du mal » pour outrage à la morale publique.
Dans les deux cas, le jugement est sans appel !

 

Baudelaire est condamné à la postérité.

 

Le procès de Baudelaire (il doit se présenter le 20 août 1857 à l'audience de la 6 ème Chambre Correctionnelle devant laquelle sont traduits escrocs, souteneurs et prostituées) ne dure que quelques heures: vite fait, mal fait. Le processus de Pinard (procureur général) est simple : dresser un catalogue de passages isolés les plus outrageants, afin de démontrer à la cour l'offense indéniable à la morale publique et religieuse. La défense de l'avocat de Baudelaire, Maître Chaix d'Est-Ange, n'est guère plus brillante. Gêné dans sa plaidoirie par un poète qui préférerait se défendre seul et sans que soient abordés certains points de sa vie privée et familiale, le défenseur se contente essentiellement de comparaisons avec d'autres ouvrages fort connus, pourtant équivoques, mais jamais poursuivis. Le verdict est à la hauteur des plaidoiries : le tribunal ne relève pas l'offense à la morale religieuse, mais considère qu'en se qui touche à la morale publique et aux bonnes moeurs, il y a bien lieu à condamnation, l'ouvrage contenant des passages ou expressions obscènes et immorales.

 Il ordonne la suppression des poèmes suivants: «Les Bijoux», «Le Léthé», «A celle qui est trop gaie», l'une des «Femmes damnées». «Lesbos», les «Métamorphoses du Vampire» (pour leur lecture, prière de vous reporter à vos manuels scolaires). Baudelaire et ses éditeurs sont condamnés à payer une amende (300 F pour l'écrivain), et sont privés de leurs droits civiques. L'auteur des «Fleurs du Mal», en sortant de l'audience, à qui un ami demande s'il s'attendait à être acquitté, répond : Acquitté!- J'attendais qu'on me ferait réparation d'honneur. Qu'importe, il est certains critiques littéraires et autres juristes bien pensants, qui, souhaitons-le, s'en retournent dans leur tombe. Celle de Baudelaire est toujours « fleurie ». Le scandale qui a accompagné la parution de son ouvrage le plus célèbre y est sans doute pour quelque chose.

  

Olivier Gardel-Dubois (In Vivre en Poésie 25).

 



L'Albatros

 


 

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage

Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,

Qui suivent, indolents compagnons de voyage,

Le navire glissant sur les gouffres amers.

 

 

A peine les ont-ils déposés sur les planches,

Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,

Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches

Comme des avirons traîner à côté d'eux.

 

 

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!

Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!

L'un agace son bec avec un brûle-gueule,

L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

 

 

Le Poète est semblable au prince des nuées

Qui hante la tempête et se rit de l'archer;

Exilé sur le sol au milieu des huées,

Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.







Mais le poète peut-il être autre chose que cet albatros si ridicule dans le monde effectif?

Et peut-il être vraiment compris?



ANNIVERSAIRE

14 mai 2006 <<<<< >>>>>> 14 mai 2008

Voici deux ans aujourd'hui que l'Aile a pris son vol pour faire voler la Plume !

Depuis deux ans 68 546 pages ont été vues et vous avez été 18.832 à venir ou revenir lire L'aile sur la Plume...

Vous avez laissé plus de 1300 commentaires...

Merci à votre fidélité! Merci sincèrement...

Mais L'aile peut-elle continuer son vol?

Epuisée, fatiguée, peut-elle survivre à son procès?

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Dimanche 4 mai 2008

 

 

Au clair beau jour de tes vingt ans

Cueille l’amour dans l’air du temps

Dompte la nuit, saisis le vent

Pour vivre un rêve époustouflant

Avec tes mots pleins de talent !

 

Au clair beau jour de tes vingt ans

De ce bonheur que tu attends

Cueille la fleur au doux printemps

Du renouveau des sentiments

Et mets tes yeux au firmament !

 

Au clair beau jour de tes vingt ans

Tu as encore tant de temps

Mais ne crois pas qu’il soit autant

Il se défile lentement…

Ce temps à vivre intensément !

 

 

 

Au clair beau jour de tes vingt ans !...

 

 

 







Peintures William Adolphe BOUGUEREAU  

 

né et mort à La Rochelle (30 novembre, 1825 - 19 août, 1905)

 


 
















 ©lailesurlaplume 2008

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