
Que dire du silence, de l’inconnu qui t’emporte
De cette voix qui tremble et me met à la porte
Quand tu préfères te mettre aux abonnés absents
En laissant mes appels sonner éperdument…
Que penser de toi, de moi, Que puis je faire ?
Comment me détacher de l’angoisse délétère
Qui me prend de voir ainsi que je te perds
Que tu t’enfuies si loin, au fond de l’univers…
Hier ne disais-tu pas m’aimer de tout ton être
J’avais la vie et de toi me croyais le maître
Mais croire en toi, ce soir, je ne saurais plus bien
Et si je ne puis plus, je ne crois plus en rien !
Je voudrais partir loin , revoir ma solitude
Je voudrais me détruire au fond de l’habitude,
Je ne peux lutter quand le silence me perd
S’il t’emporte avec lui, à quoi mon amour sert ?
30 juin 2007

publié dans :
Les tourments
3

Ne pouvoir te laisser sans l’envie de pleurer
Et trouver dans mon cœur la force d’un courage
Celui de sourire encore et de paraître sage
Quand la vie part de moi dès que tu m’as quitté…
Prendre pour toi le temps d’attendre encor demain
Pour t’entendre parler et me dire je t’aime
Et ne rien avouer jusqu’à ce matin blême
Qui a noyé ma nuit de ce vide inhumain …
Tout accepter de toi et jusqu’à te savoir
Endormie près de lui à l’instant de détresse
Qui broie mes quatre sens quand tu deviens tigresse
Quand t’aimer encore plus veut dire désespoir !
Et pour toi dans ma vie au ciel d’un firmament
Allumer une étoile à ce feu qui m’enflamme
Quand tout ramène à toi des chemins de mon âme
Et que la douleur même en devient ton présent !
25 juin 2007
Peintures : Gérard Capron : http://www.gcapron.com
publié dans :
Poèmes à un Ange
5
La marée, je l'ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe
Je meurs de ma petite sœur,
de mon enfance et de mon cygne
Un bateau, ça dépend comment
On l'arrime au port de justesse
Il pleure de mon firmament
Des années lumières et j'en laisse
Je suis le fantôme jersey
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baiser
Et te ramasser dans ses rimes
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire
Celui que je voyais briller
Aux doigts de sable de la terre
Rappelle-toi ce chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole
Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps là
Le froid tout gris qui nous appelle
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l'écume
Cette bave des chevaux ras
Au raz des rocs qui se consument
Ö l'ange des plaisirs perdus
Ö rumeurs d'une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu'un chagrin de ma solitude
Et le diable des soirs conquis
Avec ses pâleurs de rescousse
Et le squale des paradis
Dans le milieu mouillé de mousse
Reviens fille verte des fjords
Reviens violon des violonades
Dans le port fanfarent les cors
Pour le retour des camarades
Ö parfum rare des salants
Dans le poivre feu des gerçures
Quand j'allais, géométrisant,
Mon âme au creux de ta blessure
Dans le désordre de ton cul
Poissé dans des draps d'aube fine
Je voyais un vitrail de plus,
Et toi fille verte, mon spleen
Les coquillages figurant
Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tans
Qu'on dirait l'Espagne livide
Dieux de granits, ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s'immiscer
Dans leur castagnette figure
Et je voyais ce qu'on pressent
Quand on pressent l'entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue,
Sur cette mer jamais étale
D'où me remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles
Cette rumeur qui vient de là
Sous l'arc copain où je m'aveugle
Ces mains qui me font du fla-fla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l'anathème
Comme l'ombre qui perd son temps
À dessiner mon théorème
Et sous mon maquillage roux
S'en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue, aux musiques mortes
C'est fini, la mer, c'est fini
Sur la plage, le sable bêle
Comme des moutons d'infini...
Quand la mer bergère m'appelle
Paroles et Musique: Léo Ferré 1970
© Editions N°1

Tableaux : Guillaume BARAZER
http://perso.orange.fr/guillaume.barazer/

Ta voix, dans mon matin qui s'illumine
Pour sauver mon cœur enfin de l'abîme
Et ton rire quand je dis que je t'aime
Qui tout à coup résout tous mes problèmes…
C'est ta présence qui coule et m'inonde
Et me fait seule supporter le monde
Et l’Amour dont tu me fais escorte
M’attèle à toi afin que tu me portes!
Mais quand de moi parfois tu te détournes
J’ai mal dans le cœur et ma tête tourne
Mes mots d’amour se perdent dans le vide
Où tu caches ton âme imprévisible…
Dis moi encore ce qui de moi t’anime!
Et combien tu m’aimes au creux de tes rimes...
J’ai tant besoin de te l’entendre dire
De ta voix, ce matin, et de ton rire !
23 juin 2007

Peintures = Pierre Bonnard
(1867-1947)

Comment pourrais je enfin me confier à vous ?
Ces larmes qui me viennent quand je l’avoue
Quand du plus profond de moi me vient le cri
Quand je veux tant le dire et que je vous l’écris….
J’écoute cette chanson qu’elle m’avait donnée
Et cette voix, et ce piano à la musique lassée
Qui murmure d’elle « je t’aime comme je respire»
O combien je la ressens, combien elle m’inspire !
Il me faut vous le dire, oui, il me faut le léguer
Du fond des sentiments tant et tant divulgués
Sa douceur, sa colère où son amour se mêle
Et son besoin de moi : quand tout me parle d’elle !
Comment pourrais je enfin me confier à vous ?
Quant elle me quitte, je suis à genoux
Et je ne vis plus rien, d’avancer je ne puis plus
Je prie Dieu d’absoudre ce que je n’ai voulu…
« Loin ça ne vaut rien, loin je ne vaux rien »
Et moi je ne fais que survivre à chaque matin
Quand j’attends son appel, un signe, un message
Quand j’en peux plus et que je me sens en cage !
Saurez vous donc sentir tout ce qui m’anéantit
Lorsqu’elle part de moi et que je me sens si petit
Et que le désarroi me serre la poitrine
Comme l’enfant du soir qu’on laisse à la voisine…
Comment pourrais je enfin me confier à vous ?
Quand elle est là je ris et je possède tout
Ce bonheur qui renaît d’un mot ou d’un rire
Me chante à chaque fois « Je l’aime com’je respire ! »
Mais je n’ai qu’une vie, elle est tellement courte
Et suis à cran d’avoir croisé si tard sa route
Et cette peur panique au moment de partir
De ne la voir demain, jamais plus revenir !
Oh oui comment le dire au plus profond de moi
De son âme sublime où je deviens le roi
Au détour d’un surnom m’appelant son Tit Prince
C’est à sa source pure enfin que je me rince !
22 juin 2007

publié dans :
Les tourments
5

Je me relève doucement
Tu es là contre moi serrée,
Sur le drap, l’éparpillement
De ta chevelure dorée,
Autour de toi en un écrin,
Te donne l’air si tranquille
Et pur du sommeil enfantin
Par ce souffle court qui vacille…
Doucement sur toi je me penche
Je laisse mes lèvres errer
Depuis ton cou jusqu’à ta hanche
Sans jamais ta peau ne toucher...
Je veux sentir de toi la vie
Qu’en ce repos tu as enfouie,
Faire renaître en moi l’envie,
Retenir le temps qui s’enfuit…
Et ton corps dénudé m’attire
Dans ce qui fait son abandon
Quand en souriant tu t’étires:
De ton réveil tu me fais don !
21 juin 2007
Peintures : Gérard Capron http://www.gcapron.com/
publié dans :
Poèmes à un Ange
3

Quand l’amour devient bête fauve
Que ta voix se transforme en arme
Qu’aucun argument ne me sauve
Quand tu ignores mes alarmes...
Quand tout ce que tu disais hier
De cet amour que tu me portes,
S’abolit en un courroux amer
Ou cette colère t’emporte...
Quand tu m’empêches de parler
En me privant de toute issue
Me traitant moins qu’un étranger
A la parole défendue…
Quand tu ne connais plus personne
Et que louve tu redeviens
Happant l’ami qui te raisonne
Pour planter tes crocs dans sa main...
Quand de tout cela tu me blesses
Est-ce en moi l’amour que tu tues
Ou bien ton cœur que tu délaisses
Quand de ce mal tu ne veux plus ?
Dois-je tirer ma révérence
Et dans ma tour me retirer
Pour mieux t’aimer dans le silence,
Prier pour être pardonné !...
20 juin 2007

www.curiositel.com/renaud-veronique/
publié dans :
Poèmes à un Ange
3