
Ne plus vous donner aucune nouvelle
Est-ce ne plus ouvrir encore mes ailes?
Souffler demain ce souffle de silence
Est-ce entre vous que mon cœur se balance?
Comme en un tour de manège qui tourne
Ma vie se pirouette et se détourne
d'un signe de main qui fait un adieu
Bien plus que cet élan mystérieux
Qui m'entraîne en le chaleur de ce soir
Où , seul, je m'accroche à mon désespoir…
De ce vent qui s'est levé sur la mer
Au loin, en entends tu le cri amer
Qui m'appelle et me dit de revenir
Aux sirènes pour me circonvenir?…
Ombres des vies à jamais disparues
Fantômes qui errez de par les rues
Vous aurez raison de mes résistances
Quand dans vos sombres décadences
Vous aurez pris le temps de m'attirer
Fermant la geôle où vous me capturez!
28 août 2007

Peintures : Paul Cezanne
(19 janvier 1839 à Aix-en-Provence, France - 22 octobre 1906 à Aix-en-Provence)

Il y a tant de toi dans, tant de souvenirs
Tant de regrets non dits que jamais je n'avoue
Il y a tant de ton être aux confins du partir
L'odeur de ton corps et ta main sur ma joue…
O mon amour si loin, si tu savais mes pleurs
Quand au fond des forêts je cherche ton image
Ne saisissant que Vent qui décoiffe les fleurs
D'un souffle matinal en te rendant Hommage !
Il y a tant de toi, dans toutes tes chansons
Qui reviennent en moi au cœur de ton silence
Toutes, elles ont gardé l'étrange sensation
D'être à sang et à feu de ton incandescence…
Dans cet isolement où je veux m'égarer
En ce deuil que j'éprouve au cœur de la vallée
Loin du monde et de toi, je voudrais t'effacer
Mais ne fais que bâtir, pour toi, un mausolée…
Il y a tant de toi et tant de notre amour
Dans ces mots qui sont morts au sortir de tes Lèvres
De n'avoir survécu à ces serments d'un jour
Auxquels j'avais tant cru à en perdre mes rêves…
Vois tu, le temps nous quitte et il m'effacera
De ta vie, dans ses bras où tu te réfugies
Et chaque mot écrit pour ne Le perdre pas
Ferme sur moi la dalle au tombeau d'Amnésie…
Mais il y a tout de toi au fond de mon cercueil
Pour que je m'y allonge en sachant que tu restes
Pour jamais dans mon sang comme un ultime accueil
De cet amour si pur dont mon trépas atteste…
22 août 2007

Tableaux : Guillaume BARAZER
http://perso.orange.fr/guillaume.barazer/
publié dans :
Les Adieux
3
Voir un train quitter
une gare
C’est voir partir tant de mes jours
Autant de peine qui m’égare
Et le temps qui ravit l’amour…
Dans le silence qui m’accapare
C’est vers nous que je fais retour
Vers tout ce qui nous sépare
Et nous rapproche tour à tour…
Et quand ma main se désempare
A sentir ce grand vide autour
D’un visage au halo bizarre
Quand ton sourire est au détour…
Oui, voir le train quitter la gare
Pour ne plus faire demi-tour
C’est la peur qui de moi s’empare
Plongeant ma vie à contre-jour…


Peintures : Claude Monnet (1840-1926)
Que dire de ces jours que je trouve aussi
doux ?
Quand je ressens cela comme un si grand sourire
Qui s’accroche à ma vie et bouleverse tout
Quand elle me regarde ou lorsqu’elle soupire…
Je la voudrais à moi et rien n’est important
Que de me délecter de son visage d’ange
Quand ses lèvres pour moi me murmurent le chant
Qui renaît dans sa voix à son timbre qui change…
Que dire de mes sens dans l’écume du temps
Dans l’odeur de son corps sur sa peau lisse et claire
Mêlant à son parfum celui de ses onguents
Quand d’elle je m’approche effleurant son mystère…
Sur ce corps long et svelte infiniment gracieux
Sa cambrure du buste et ce ventre de femme
Le galbe de sa hanche au cours mystérieux
Je ne puis retenir les élans de mon âme…
Que dire de ma joie pour moi de découvrir
Ces regards aussi purs et ce bonheur intense
Quand le bleu de la mer dans ses yeux vient s’ouvrir
Aux charmes oubliés des jours de mon enfance…
Je la voudrais toujours surmonter mon oubli
L'imaginer à moi et l’aimer sans rien dire
Et conjurer le sort que les années m’on pris
En lui donnant vacance au soleil du midi !
Vois-tu je ne sais plus car le temps d’exister
Le temps d’aimer vraiment et son cours éphémère
Déjà me fait pleurer lorsqu’il faut se quitter
Et chanter ce refrain que j’écoutais naguère…
Sur une branche de bois mort
Le dernier oiseau de l’été
Se balance
Dernier dimanche en ce décor
Où meurt le sourire enchanté
Des vacances
Dernier soleil qui vous salue
Et qui s’éclipse au fond des nues
Dans sa gloire
Demain sera fini l’amour
Et nous n’aurons plus les beaux jours
Qu’en mémoire
A quoi bon dire : « A l’an prochain »
Quand on n’est pas du tout certain
D’être ensemble
La vie se plait à séparer
Ceux qui dans le bonheur d’aimer
Se ressemblent
Et puis les jours et les saisons
Tout comme l’amour et les chansons
Sont volages
Ce soir ton cœur et là
fidèle
Oui mais demain plus
d’hirondelle
Sur la plage…
Non il n’est jamais revenu
Le temps béni, le temps perdu
Triste chose
Le temps de mes premiers émois
Qui fleurissaient comme les lilas
Et les roses
Pourtant le soleil avait dit
« Je reviendrai après la pluie
De décembre »
L’hiver a quitté son linceul
Et je reste là toujours seul
Dans ma chambre…
A mélanger les souvenirs
A ne savoir lequel choisir
Passent les heures
A me dire « il faut être fou
Pour en rire ou bien après tout
Qu’on en pleure
Cela n’est pas très important
J’avais quinze ans, vingt ans, trente ans
Que m’importe ! »
Disons-nous pour nous consoler
Qu’on a bien fait de s’envoler
De la sorte…
J’entends alors comme une voix
Qui murmure je ne sais pourquoi
Des rengaines
Toutes me redisent en leur refrain
Ces mots qui mots
qui me font à la fin
De la peine
« Que viens tu faire en ces lieux
Toi qui cent fois fis tes adieux
A l’enfance
C’est toi la branche de bois mort
C’est toi l’oiseau, la mer, le port,
Les vacances… »
11
août 2007

Paroles de la chanson :
l'Oiseau des Vacances
Charles Trénet
Peintures :
Sylvie Lemelin (Québec)
http://www.toutenart.com/Sylvie%20Lemelin/SylvieLemelinport.htm