
Vous revoir, et sentir de nouveau ce parfum
Qui flotte autour de vous comme un subtil embrun
Ce sourire enfantin illuminant le jour
D’une lumière intense et belle et sans détour
Et plonger mon regard dans le bleu de vos yeux
Y retrouver l’azur si pur et généreux
Effleurant en rayons le flot de cheveux d’or
Qui jusqu’à l'orée du dos fait briller vos trésors…
Rester auprès de vous quand vous me dévoilez
Cet amour de la mer dont vous aimez parler
En prenant ma main pour monter sur vos bateaux
Et par votre douceur me laisser embarquer
Sur ce yatch qui n’attend, loin du port et des quais,
Que nous pour inventer un horizon nouveau…

Je ne saurais comment te dire la passion
Comment t’exprimer la vision de cette vie.
Et comment la vivre ?
Et s’il est même souhaitable de la vivre ?
Je te l’ai expliqué mille fois ma princesse !
Préférer la souffrance à l'asphyxie annoncée...
Souffrir la désillusion et l’abandon,
l’inéluctable abandon qui arrive toujours
après l’amour fou...
Mais je te l’ai dit aussi:
que vaut donc la vie sans le sel de la vie ?
Et je te l’avais écrit déjà:
Je voudrais tant que tu comprennes…
Que je ne suis pas ce que tu crois
Et combien je regrette que tu aies pu me croire ainsi.
Je voudrais que tu comprennes combien nous nous ressemblons !
Et combien nous avons besoin l’un de l’autre
Oh je voudrais tant que tu comprennes…
Dans la nuit noire une lumière a brillé
Surgissant d’une rencontre soudaine et si forte
Comme libérée de son lien matériel
Illuminant tout à coup un passage dans le ciel
Oh je voudrais tant que tu comprennes…
Cette chance immense que nous avons enfin
De respirer ce jour le même air pur
Et savoir que nous ne sommes plus seuls
Au fond des abîmes d’une non vie
Oh je voudrais tant que tu comprennes…
Que mon attachement pour toi est sans fin
Lorsque tu disais tenir fort à moi
Et me souhaiter que les rêves m’emportent.
Dans la sérénité de mon sommeil
Oh je voudrais tant que tu comprennes…
Que tu comprennes que je t’aime si fort
mais d’un amour si pur
Et si désintéressé même
Qu’il me propulse, m’élève, hors de moi !
Oh je voudrais tant que tu comprennes…
Que ces jours de ta présence où tu étais près de moi
Furent parmi les plus beaux
Parce que c’était le temps où tu vivais pour moi
Et que sans le savoir vraiment : je vivais vraiment !
Et que tu comprennes vraiment
Que je ne te retiendrais pas si tu devais quitter ma vie
Et devenir pour moi un souvenir
Qui devrait me faire souffrir pour toujours
Pourquoi faut il un jour se dire Adieu ?
Que tu comprennes enfin
Que je resterai toujours au fond de la gare de tes rèves
Ma valise à la main devant un train
En partance improbable, espérant voir rouvrir ses portes
Pour te laisser redescendre sur le quai de ma vie…
Oui, princesse :ouvrir son coeur à ceux que l’on aime
Vivre leur rencontre avec passion
Sacrifier tout pour elle et plus encore
Ne chercher rien d'autre en cette terre
Que l'indicible bonheur de sentir dans leur âme
Couler le flot irrépressible de leurs possibles
Et de ces existences dont on ignore tout...
N'espérer rien, car il n'y a rien à attendre
N'attendre rien car il n'y a rien à espérer
Mais recevoir ce que l’on n'attend pas
Et apprécier ce que l’on n'espérais plus...
Pourquoi vivre une vie s'il n'y avait d'autre
Que l'infâme accumulation des biens
Et la dérisoire victoire de l'argent
Comment croire que là est
la Vie ?...
Où est la vraie vie ?
Comment exister vraiment ?
Je te le dis encore :
si je vivais ma vie joyeusement, éprouverais-je ce besoin d'écrire,
de voir la peinture de Cézanne, d’écouter la musique
et d’entendre bruisser le vent dans les feuillages secrets de l’âme
non que ce soit forcément triste la vie,
mais que le bonheur ne s’apprivoise jamais
et qu’il ne dépend pas des critères standardisés
qu’on nous livre en kit avec nos papiers d’identité
un bonheur préfabriqué pour la vie moyenne et la bienséance
Quelle pauvreté ma princesse, quelle pauvreté tout ça !
Tandis que derrière le miroir
il y a quelque chose de si infiniment mystérieux
et profond dans l'acte d'exister
comme un accouchement permanent
avec sa douleur fulgurante
et sa plénitude aussi
rien n'est si profondément dramatique
et radieux à la fois
pour autant qu'on saisisse ou que l'on tente de saisir
l'acte d'existence !
Te rencontrer, ma princesse, a été un si profond renouvellement pour moi
comme si le jeu de mes cartes avait été complètement rebattu
pour une nouvelle donne
Comme s’il fallait rejouer intensément
et à l’infini, désormais,
l’esthétique de la Passion…
16 septembre 2006
publié dans :
lailesurlaplume
1