Dimanche 30 septembre 2007
O Mon amie ma douce mie
En distillant votre alchimie
D'une aussi naïve candeur
Vous vous gaussez des pourfendeurs!
Et me donnant votre présence
Vous évitez ma décadence
Dans mes journées et dans mes nuits
Au silence qui tant me nuit…
Car d'un rempart que vous me fîtes,
De vos paroles favorites
Et sans même m'en faire aveu
Vous avez exhaussé mes vœux…
Vous fûtes muse poétique
Soufflant la pureté antique
Que sculpte comme en adoration
Votre corps à l'abandon…
Mais je ne puis cacher ce trouble
Quand de votre âge avoir le double
Si malséant serait pour moi
De révéler le moindre émoi…
Mais qu'est ce à dire mon amie
Est-ce donc si grande infamie
Que d'aimer plus que de
raison
Malgré le nombre des saisons?
Le vent
de feuilles se déporte
Mais c'est l'amour qu'il nous emporte!
Ne faut-il donc tenir
du temps
Que l'odeur des roses d'antan?
30 septembre 2007
Peintures : Sandro Botticelli
Quel est ce fol tourment que je croyais éteint,
Cet émoi chatoyant dont mon âme se
peint,
Qui tourne sa poignée au creux de mes entrailles
Et insinue son or au lingot de mes failles ?
Perdu dans ses papiers, l'homme au regard triste
Rêvait d'un long voyage au fin fond d'une piste
Où il pourrait s'enfuir pour oublier ce monde
Et s'envoler soudain au bleu qu'un ciel inonde…
Il voyait cette route au sud d'une Italie
Où Fellini semait un peu de sa folie
Il était ce héros qui retrouvait la mer
Après si longue attente et désespoir amer…
Il voulait des pays aux étendues neigeuses
Où il eût savouré des vies aventureuses
Imaginées jadis quand il lisait Croc-Blanc
Et se voyait trappeur suivant ses chiens hurlants…
Il voguait sur la mer, barreur d'un bateau ivre,
Vers l'Ile mystérieuse où il rêvait de vivre
En explorant les fjords pour retrouver en plus
Némo défiant l'abysse à bord du Nautilus…
Et dans ces rêves là il revivait l’enfance
Avec son doux parfum de rire et d’insouciance
Quand l’existence est longue en donnant tout le temps
De jouer milles vies pour se croire enfin grand !
Mais quand il s’éveillait d’aussi longues pensées
Il retrouvait ce goût d’intentions dépensées
Qui ne l’avaient mené qu’à ce triste bureau
Où les jours s’égrenaient à remplir des tableaux…
Alors il se disait qu’il faudrait bien qu’il bouge
Et que demain c’est sûr il quitterait ce bouge !
Cela faisait trente ans qu’ainsi il pérorait
Inconscient des années que le temps dévorait
24 septembre 2007
Illustrations parues dans l'édition
originale Hetzel de
"Vingt mille lieues sous les mers" de Jules Verne
Bien au-delà des mots, au-delà des écrits,
Quand le son de ta voix à mon cœur ne résonne
Je me sens défaillir et j'étouffe mon cri
A te sentir si loin, au lieu qui te passionne…
Où est-il ce pays, et quel étrange attrait
Recèle-t-il afin qu'ainsi il te transporte
Que tes sens par magie en soient si attirés
Comme un cobra soumis au psylle qui l'escorte…
Je te sais pourtant libre à te l'avoir tant dit
Qu'on ne fait son chemin que d'un pas volontaire
Et sans se retourner bravant les interdits
Pour imposer ses choix, refuser de se taire…
Mais je ne puis, vois tu, oublier tout ce temps
Encore si présent qu'hier il pourrait être
Quand tu étais, pour moi, seulement cette enfant
Qu'un jour je saisis quand elle venait de naitre…
Lorsque je te sentais tout au creux de mon cou
T'apaiser doucement en sanglotant d'un souffle
Je ne saurais décrire avec quelques mots flous
Ce bonheur d'être père et toi qui m'époustoufle…
Mais te voilà partie en ces confins lointains
Dont je ne connais rien qu'images que j'abhorre
Sentiras-tu peut être au creux de tes deux mains
La pression de mes doigts qui te tiennent encore!
20
septembre 2007
... qui te tiennent encore!...

J'étais tourné sur moi pleurant dans ma
détresse
Pour trouver mon chemin n'ayant que ma tristesse
Et ne voyais de toi si improbablement
Que les mots alignés d'un encouragement…
De si peu d'attention j'en étais désinvolte
Négligeant de t'entendre au fond de ta révolte
Tandis que sans le dire en n'insistant jamais
Tu voulais me sauver du mal qui m'enfermait…
Mais je ne savais pas qui donc tu pouvais être
Quand je t'ai vu sourire au seuil de ta fenêtre
Pour me donner de toi tout en haut d'un écran
Un instant de ta vie et tes rires d'enfant!
De ce regard si doux tu m'as tendu ta joue
Pour que baiser j'y pose, autant que je n'avoue
Qu'un sourire aussi pur m'a réchauffé le cœur
D'un nectar ineffable empreint de ta candeur…
De ta lèvre
entrouverte aucun mot ne résonne
Que pour me suggérer que tout de toi m'étonne
Aussi dans ce silence à vouloir tant te voir
Je te l'avoue enfin : tu me manques ce soir …
15 septembre 2007
Soirée vide de toi

Tableaux : Guillaume BARAZER
http://perso.orange.fr/guillaume.barazer/
Sélaciens des hauts fonds aux rives incertaines
Encrines encastrés que l'on découvre à peine
Griffures sur le sable que l'eau effacera
Me font ce tatouage indélébile au bras…
Je m’attendris encore au chant d’une mésange
Et d’un air si bonhomme en avoir l'air d'un ange
Quand pourtant rien ne tient que cette imitation
De soi même et, bien plus, d'une génération!
Sur ces photos sépia je te revois sourire
Durant cette semaine où tu fus mon hégire
Quand je fuyais mon être à ton chauffage doux
Pour estamper ton nom à l'écorce du houx…
Rien n'est écrit de vivre et surtout pas l'absence
Quand il faut accepter que se dilue l'essence
Des instants si secrets que nous seuls connaissions
Si svelte silhouette au soir des émotions…
A ces bonheurs éteints qui furent espérances
Que l'on porte à jamais comme des survivances
Il faut donner le change afin d'en faire don
Au passé qui se meurt pour tenir son pardon…
10 septembre 2007
Illustrations : Karine Schneider
http://schneider.karine.free.fr/
Dimanche 9 septembre 2007
Holà! Me direz vous, que fais tu donc poète?
Tu veux nous émouvoir, du vide où tu te
jettes
Et de ce spleen profond où seul tu te
complets
A faire un mélodrame avec quelques couplets?…
Ne me demandez pas, de l'épaule à la hanche
Et du pied au jabot, s'il faut que l'âme
flanche
Pour fuir le bonheur et l'existence
bouder,
Tandis qu'un rien suffit à nous
dévergonder…
Mais dans l'odeur de chlore et de gaz
délétère
D'épice de nuoc-mâm, de goût d'orange amère,
C'est dans le vin de nèfle avalé dans le noir
Que la nuit me
fiance encore au désespoir…
9
septembre 2007
Poème écrit sur un défi de mots lancé par
Angeline
http://ephemere-angeline.over-blog.com/

Peintures : Jean-Baptiste CHARDIN (1669-1779)