
Si mes mots ne valent plus rien
Et que tu ne m’écoutes plus,
Si ma plume est sans lendemain
Et par toi ne sera pas lue…
Alors oui je comprends pourquoi
Ce procès qui paraît infâme
Soudain s’est abattu sur moi
Pour faire avouer à mon âme
Tout ce qu’elle ne commit point
De ces péchés irresponsables
Dont on l’affuble avec grand soin
Pour me faire sentir coupable…
Et je ne peux rien faire enfin
D’autre qui puisse me défendre
Qu’hurler dans le silence en vain
L’amour que tu n’as su comprendre…
Mais tu l’as décidé ainsi
T’entourant de tant de silence
Qu’il envahit ma vie aussi
Et la vide de sa substance !
Mais puis-je encore ôter mes yeux
De toi et de ce qui me hante,
De ces jours de soleil radieux,
Et de ta jeunesse éclatante ?
Qu’importerait cet univers
S’il le fallait sans ta lumière
Et si les souvenirs si chers
Devaient redevenir poussière ?
Pourrions-nous ne plus respirer
Ce souffle inné de nos tempêtes
Qui de nos deux cœurs s’emparaient
Pour les porter vers d’autres quêtes
Bien au-delà des jours d’ennui
Et dans leur infinie souffrance
Voir le passage dans la nuit
Qui donne un sens à l’existence…
2 novembre 2006
(illustration : Peru)
publié dans :
Les tourments
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J'écoute...
J'écoute Sheller, dans ce somptueux album nommé "Univers", chanter la solitude subtile et cruelle, l'abandon, l'incompréhension et l'injustice... L'amour voué à l'échec...
L'absence irrémédiable par trop d'indifférence...
L'indifférence par tant de légèreté...
La légèreté par trop d'insolence...
Linsolence par tant d'incompréhension...
Et l'incompréhension par trop de conformisme...
Que n'est-il auprès de moi pour lui dire les nuits de mon existence où je cherche en vain à reconstruire cette image de moi-même bafouée, froissée, méprisée, par si grande injustice et si courte fidélité...
J'écoute Sheller.
Aussi longue est la nuit qui me fait penser à vous...
Ecoute Sheller et cet amour immense
pour lequel, c'est vrai, j'avais au départ si peu de chance
tandis que tu laisses ma peine en disgrâce...
Vous qui restez si bien de glace
Souffrez que mes mots dépassent
Le peu de raison que je tienne
Quand vous laissez ma peine
En disgrâce
Devant votre indifférence
Je perds un amour immense
Pour lequel j'avais au départ
Comme au jeu de hasard
Peu de chance
Long est le chemin
Qui me mène vers le nouveau monde
Aussi longue est la nuit
Qui me fait penser à vous
Même les Princes des Maisons de France
Avec leurs magnificences
N'égaleront jamais en vous
Cet orgueil qui se joue
D'insolence
Des opéras de misère
Vous feront gloire de l'enfer
Où je vais tomber à genoux
En découvrant le goût
De l'absence
Long est le chemin
Qui me mène vers le nouveau monde
Aussi longue est la nuit
Qui me fait penser à vous
(William Sheller - Le nouveau Monde -1987)
publié dans :
Les tourments
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