Qelques mots, encore, pour mon journal de la toile...
Vie surréaliste. Entrecroisements de contraintes et d'obligations.
Rèves saisis au vol, aussitôt perdus.
Angoisse de ne plus tenir la tête hors de ces flots qui m'entraînent.
Perte de substance. Affadissement du goût, transparence des êtres.
Faire semblant d'être sérieux ... mais être ailleurs.
Toujours l'urgence et la course en retard d'une heure...
Dans la solitude de ces instants dérisoires qu'on m'arrache...
Retenir ces morceaux de vie qui s'évanouissent dès qu'ils me heurtent....
Pourquoi dans l'absurde chaos de ces heures qui s'accumulent, cette voix qui s'élève...
Comme un écho, une supplique, un choeur déchirant, plein de contrition.
N'est ce que la voix d'un regret, ou bien celle d'un au delà...
Ressentir l'émotion derrière les conventions...
Retrouver la passion au delà de l'aliénation...
M'évader de moi comme un oiseau de sa cage...
Quelques mots encore...
Juste quelques maux...
Je reviens vers ce hâvre de paix, ce coin du net bien à moi où je te retrouve lecteur inconnu, toi qui ne me juges pas ; toi qui poses sur moi ce regard sans a priori qui me libère de toute entrave ; toi que je ne connais pas et qui ne me connais pas ; mais aussi toi, si attentif dans ton silence et si proche que je sens ton coeur vibrer en moi lorsque tu lis mes mots...
Je m'adresse à toi ce soir, lecteur inconnu, lecteur ami, parce que je voudrais te dire combien j'ai d'émotion à penser à elle, oui Elle, que j'ai enfin retrouvée et qui m'a ouvert de nouveau un peu de son coeur...
Moi qui pensais l'avoir perdue par ma folie et par mon aveuglement... Et qui croyais qu'elle ne reviendrait jamais, tout comme avant, me parler et me comprendre...
Envisager la vie sans elle, sans son regard sur moi, sans son écoute... Imaginer l'avenir sans pouvoir savoir ce qu'elle fait, ce qu'elle pense, comment elle va.... C'était presqu'insurmontable!
Et mon coeur menaçait de reprendre son inclination pour le scepticisme et le nihilisme...
Mais je connaissais encore trop peu ce qu'elle est vraiment et l'immense sensibilité qui l'anime. Et de cette blessure que je lui avais injustement infligée , elle ne me garde rigueur...
Elle est revenue, à pas félins, sur le chemin de nos mots partagés sur la toile, joyeuse, attentive, vivante... Et je ne saurais trop comment te dire combien son retour, ses paroles, cette compréhension de ma vie, tout ce qui avait fait d'elle mon ange venu du ciel, dans la gloire d'un rayon de soleil, combien tout cela s'est de nouveau engouffré dans mon coeur pour y faire renaître cette fleur de passion semée au coeur du moi de mai, au printemps dernier...
Voilà : je voulais te le dire à toi, lecteur inconnu, te livrer cet amour d'Elle, immense que j'éprouve, pour ce qu'elle est, et pour tout ce qu'elle me donne... Cet amour qui me porte et me permet d'atteindre cette ile onirique où elle est, où je peux enfin accoster, loin de ma vie ordinaire, pour y trouver l'abri où poser et apaiser mon coeur...
Je voulais te le dire ce soir parce que la pureté de mon sentiment pour elle est si profonde, si receuilie, qu'elle me transporte comme une prière montant dans le choeur d'une basilique.
Et que c'est un bien si précieux que je ne peux le garder que pour moi.
Et je voulais te le faire partager pour que tu saches que cela existe!
Dimanche 10 décembre 2006
Anniversaire…
Un an de vie en plus contre un an de moins à vivre…
Sur le cadran dont on n’en sait le nombre,
C’est d’un cran de plus encore que l’aiguille se décale…
Anniversaire…
Gâteau, bougies, et bulles de champagne.
Dois-je goûter le miel d’une soirée passée à t’attendre en secret...
Ou dois je boire la ciguë de la peur qui m’emporte vers ma fin…
Anniversaire…
Cette joie collective n’est-elle que la face cachée du drame qui se joue..
Et ma finitude est elle comme une branche que l’on effeuillerait…
comme s’envolent mes années au vent de mes rêves emportés…
Anniversaire…
Qui comprend ce tourment au fond de mes rires ?
Et voit ma main trembler dans ce toast que je porte ?
Ou, plus encore, plaindra celui qui souffle son destin ?
Anniversaire…
Un grand cortège de Gilles et d’Arlequins défile en carnaval autour de moi,
Et des visages blêmes qui me sourient et me félicitent
Surgissent les fantômes de mes êtres chers, à jamais disparus ?
Anniversaire…
Oh nier ton existence, combien je le voudrais !
Et retenir cette poudre précieuse qui coule de ton sablier
Enfin m’exonérer de ta cérémonie cruelle...
Anniversaire !
De ce cadeau que tu me fais, une fois l’an, de venir me visiter
Je dois donc me réjouir du morceau de vie que tu célèbres
Pour lequel il y a si loin de ta coupe… à mes lèvres….
10 décembre 1954 joyeux anniversaire…
Vers qui me retourner, vers qui regarder? Je cours vers un ailleurs, tout seul. Où vais-je ? Sur une piste qui s'incurve, je cours tout seul,.. Je pensais être un homme honnête, droit et bon... Je n'avais que cette force en moi, et je voulais la transmettre, la léguer. De mes rèves d'ado je voulais conserver la pureté d'un cristal de lumière... Je croyais qu'il suffisait d'être sincère, dire sans mentir, être comme l'on doit être, vraiment. Et ne plus faire semblant. Ne plus tricher avec le bonheur, être vraiment triste quand il le faut, douter le plus souvent, cesser de jouer avec des certitudes de façade... Je cours tout seul, dans le brouillard. Et puis trouver ce regard ami, qui puisse me renvoyer cette image de moi que je cherche dans le reflets embués des vitres, au petit matin. Tendre une main vers une autre main et la serrer très fort. Plonger mes yeux dans des yeux, sincèrement... Je croyais qu'il suffisait... Je cours, et je fuis ma propre vie... Tout s'est évanoui dans la nuit d'un cauchemar écrit, où j'ai perdu mon âme, où je ne suis plus celui-là, ni pur, ni bon, ni honnête, sans même savoir pourquoi. Comment me retrouver, quand ma main ne serre plus que le vide et mes yeux ne rencontrent plus de lumière. Je cours sur une piste noire qui n'a plus de but... Où suis-je?