L'AILE SUR LA PLUME
La
poésie contemporaine ne chante plus. Elle rampe !
Le vers libre n'est plus le vers puisque le propre du vers est de n'être point libre. La syntaxe du vers est une syntaxe harmonique - toutes licences comprises.
Il n'y a point de fautes d'harmonie en art; il n'y a que des fautes de goût!
Ce n'est pas le mot qui fait la poésie, mais la poésie qui illustre le mot. La poésie est une clameur, elle doit être entendue comme la musique. Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée
dans sa typographie n'est pas finie; elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche. Le vers est musique; le vers sans musique est
littérature!
Mozart est mort seul, accompagné à la fosse commune par un chien et des fantômes. Rutebeuf avait faim. Villon volait pour manger. Tout le monde s'en fout... L'Art n'est pas un bureau
d'anthropométrie !
La Lumière ne se fait que sur les tombes...
A l'école de la poésie : on n'apprend pas : on se bat !
Léo Ferré : Préface de "Poète... vos papiers!", 1956 (extraits)
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Le procès de Baudelaire se tint le 20 aout 1857...
Voici ce que le poète aurait pu dire de ses juges!

J’ai écrit avec cœur, j’ai écrit avec l’âme
J’ai voulu tout donner au flambeau de ma flamme
Révélant ma souffrance autant que mes bonheurs
Ne cachant rien du vide et du doute intérieur !
J'ai donc fait ce voyage au plus profond de l’Etre
Comme une initiation que l’on prend à le lettre
Et qui me fit vertige au point de défaillir
Quand des esprits malins voulurent m’assaillir !...
En ai-je alors commis pêché d’apostasie
A vouloir tant servir la pure poésie
Et faire un rituel sacrifice d’espoir
Au bruissement vainqueur d’une aile d’ange noir ?
Mais quand son vol lugubre aux confins de l’espace
Se fut évanoui comme l’orage passe
En poète meurtri du monde rejeté
A mes juges je fus en pâture jeté…
Et parmi mes censeurs en grande confrérie
Intentant ce procès fait en sorcellerie
Je reconnus alors – et combien j’en ai ri !-
Ceux là même qu’hier mes vers avaient nourri !
Face à leurs injonctions, je plaidais qu’un poète
En son pays souvent n’est pas même prophète
Mais qu’il va son chemin ne dissimulant rien
Et n'écrit pas pour plaire à ceux qui font ses liens !
A l’heure du verdict, je ne puis que me taire
Jugez moi donc coupable alors d’être un faussaire
De travestir mon vice en de faux sentiments
Et faire de mes mots d’infâmes boniments !
Condamné au silence et privé de ma plume
Prisonnier, en viendrai-je à mourir d’amertume
Quand au grand désespoir dont mon cœur s’alourdit
S’ajoute les regrets d’un poète maudit !
© lailesurlaplume - 2008


LE PROCES DES FLEURS DU MAL
Arthur Rimbaud disait de lui «C'est un Dieu».
La justice de Napoléon III - qui voyait plutôt en lui un diable - le contraignit à retrancher plusieurs poèmes des « Fleurs du mal » pour outrage à la morale publique.
Dans les deux cas, le jugement est sans appel !
Baudelaire est condamné à la postérité.
Le procès de Baudelaire (il doit se présenter le 20 août 1857 à l'audience de la 6 ème Chambre Correctionnelle devant laquelle sont traduits escrocs, souteneurs et prostituées) ne dure que quelques heures: vite fait, mal fait. Le processus de Pinard (procureur général) est simple : dresser un catalogue de passages isolés les plus outrageants, afin de démontrer à la cour l'offense indéniable à la morale publique et religieuse. La défense de l'avocat de Baudelaire, Maître Chaix d'Est-Ange, n'est guère plus brillante. Gêné dans sa plaidoirie par un poète qui préférerait se défendre seul et sans que soient abordés certains points de sa vie privée et familiale, le défenseur se contente essentiellement de comparaisons avec d'autres ouvrages fort connus, pourtant équivoques, mais jamais poursuivis. Le verdict est à la hauteur des plaidoiries : le tribunal ne relève pas l'offense à la morale religieuse, mais considère qu'en se qui touche à la morale publique et aux bonnes moeurs, il y a bien lieu à condamnation, l'ouvrage contenant des passages ou expressions obscènes et immorales.
Il ordonne la suppression des poèmes suivants: «Les Bijoux», «Le Léthé», «A celle qui est trop gaie», l'une des «Femmes damnées». «Lesbos», les «Métamorphoses du Vampire» (pour leur lecture, prière de vous reporter à vos manuels scolaires). Baudelaire et ses éditeurs sont condamnés à payer une amende (300 F pour l'écrivain), et sont privés de leurs droits civiques. L'auteur des «Fleurs du Mal», en sortant de l'audience, à qui un ami demande s'il s'attendait à être acquitté, répond : Acquitté!- J'attendais qu'on me ferait réparation d'honneur. Qu'importe, il est certains critiques littéraires et autres juristes bien pensants, qui, souhaitons-le, s'en retournent dans leur tombe. Celle de Baudelaire est toujours « fleurie ». Le scandale qui a accompagné la parution de son ouvrage le plus célèbre y est sans doute pour quelque chose.
Olivier Gardel-Dubois (In Vivre en Poésie 25).
L'Albatros
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
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Mais le poète peut-il être autre chose que cet albatros si
ridicule dans le monde effectif?
Et peut-il être vraiment compris?

ANNIVERSAIRE
14 mai 2006 <<<<< >>>>>> 14 mai 2008
Voici deux ans aujourd'hui que l'Aile a pris son vol pour faire voler la Plume !
Depuis deux ans 68 546 pages ont été vues et vous avez été 18.832 à venir ou
revenir lire L'aile sur la Plume...
Vous avez laissé plus de 1300 commentaires...
Merci à votre fidélité! Merci sincèrement...
Mais L'aile peut-elle continuer son vol?
Epuisée, fatiguée, peut-elle survivre à son procès?
(Poète à ce jour rongé par les vers)
Beau de l’air prénommé Charles,
Tes rimes imagées sont pleines de grâce.
Je te salue poète car le génie est avec toi.
Tu n’es pas béni parmi tous les hommes,
Ta vie est un enfer
Dans lequel tu te plais cependant, rebondissant,
Retombant sur tes pattes par la force de ton optimisme et de ton sarcasme.
Tu fais de l’albatros, cahin-caha,
Une œuvre d’art.
Ce vilain canard boiteux prend des allures de grande âme,
Sans préjudice pour ses ailes largement déployées et chues à terre.
Tu aurais pu devenir esthéticien
Tant la perfection te va bien.
Harmonieusement, tu couches tes mots
Tentant d’avant-gardiser Edgar Poe.
Tu es notre maccabre découverte !
L’ange du bizarre a ouvert ta fenêtre
Te propulsant vers l‘avenir
Dans un univers charmé de rires.
Beau de l’air prénommé Charles,
J’aurais aimé te cotoyer,
Et même plus si affinités…….
bisounettes pour le poète , bien las , bien là quand même ....prends un peu de potion "leo" , change l'encre de ta plume ..
(site web)
le: 27/05/2008 18:30:41 
Je me porterai quand même en faux sur ce que tu écris, Runner, car je pense que si la tombe de Baudelaire est toujours fleurie ce n’est pas à cause du scandale - Baudelaire ne fait plus scandale aujourd’hui - mais par reconnaissance de ses qualités littéraires qui elles perdurent depuis près d’un siècle et demi.
Je crois que sa quête de l’inaccessible et de la Beauté est un exemple à suivre, un exemple de liberté, celle que les poètes, et tous les hommes qui souhaitent vivre en accord avec eux-mêmes doivent suivre.
Non, l’aile ne peut pas continuer son vol…elle le doit !
Aucun poète ne peut, ne doit accepter le silence et renoncer à son dire.
Bien à toi. Arthémisia
Tout d'abord, je voudrais souligner l'élégance que tu habilles tes pages. Je suis heureuse que les dieux ( démons ?...) de l' ADSL m'en aient réouvert le chemin.
J'ai particulièrement aimé tes " Vagabondages ", d'une sincérité touchante, et ton " Charme Matinal ", léger comme la plume...
Cette Plume que tu envisages de jeter au vent, ce qui me paraît incompréhensible compte tenu de la qualité de ton écriture.
L'on te sent désabusé, voire déçu. Déçu de quoi, Runner ? De ne pas " être compris " ?
Mais qu'y a-t'il à comprendre ?
Ecrire n'est pas forcément une thérapie. C'est un plaisir partagé - qui commence par la propre satisfaction de l'auteur.
Il faut arrêter avec cette image du Poète Maudit - qui fait grand tort à la poésie contemporaine. Le Poète peut ( et doit) faire courir ses rimes sur toutes les strates de la vie !
Et quelle est cette idée de " jugement " ?!!!
En ce qui me concerne, je ne juge personne, jamais : de quel droit pourrais-je me le permettre ?!
Je suis touchée. Ou pas. Mais mon ressenti ne fait pas consensus : chacun a le sien, tout aussi légitime.
Je ne comprends pas ta démarche. Je peux évidemment comprendre une lassitude d'écriture, un épuisement intellectuel , un ras-le-bol du rituel des blogs...
Mais je ne saisi pas la pertinence de ce " procès ".
Tu es le Maître de ta vie, Runner. Toi seul décideras de donner un nouvel envol à ton Albatros...
Sache, cependant, que ce serait vraiment dommage que tu te prives - et, par là même Nous prive - d'un talent dont tu es le chanceux dépositaire.
Quelle que soit ta décision, je te remercie ici de m'avoir procuré d'intenses moments artistiques.
Bien cordialement à toi, Alice.
tout d'abord qu'il adhère totalement aux propos de votre entête sur la poésie
ensuite pour vous remercier de ce moment somptueux passé sur votre site
busardement