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Texte Libre

Samedi 3 novembre 2012


La marée, je l'ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe
Je meurs de ma petite sœur,
de mon enfance et de mon cygne
Un bateau, ça dépend comment
On l'arrime au port de justesse
Il pleure de mon firmament
Des années lumières et j'en laisse
Je suis le fantôme jersey
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baiser
Et te ramasser dans ses rimes
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire
Celui que je voyais briller
Aux doigts de sable de la terre

Rappelle-toi ce chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole
Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps là
Le froid tout gris qui nous appelle
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l'écume
Cette bave des chevaux ras
Au raz des rocs qui se consument
Ö l'ange des plaisirs perdus
Ö rumeurs d'une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu'un chagrin de ma solitude

Et le diable des soirs conquis
Avec ses pâleurs de rescousse
Et le squale des paradis
Dans le milieu mouillé de mousse
Reviens fille verte des fjords
Reviens violon des violonades
Dans le port fanfarent les cors
Pour le retour des camarades
Ö parfum rare des salants
Dans le poivre feu des gerçures
Quand j'allais, géométrisant,
Mon âme au creux de ta blessure
Dans le désordre de ton cul
Poissé dans des draps d'aube fine
Je voyais un vitrail de plus,
Et toi fille verte, mon spleen

Les coquillages figurant
Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tans
Qu'on dirait l'Espagne livide
Dieux de granits, ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s'immiscer
Dans leur castagnette figure
Et je voyais ce qu'on pressent
Quand on pressent l'entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue,
Sur cette mer jamais étale
D'où me remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles

Cette rumeur qui vient de là
Sous l'arc copain où je m'aveugle
Ces mains qui me font du fla-fla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l'anathème
Comme l'ombre qui perd son temps
À dessiner mon théorème
Et sous mon maquillage roux
S'en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue, aux musiques mortes
C'est fini, la mer, c'est fini
Sur la plage, le sable bêle
Comme des moutons d'infini...
Quand la mer bergère m'appelle

 

 
Paroles et Musique: Léo Ferré 1970
© Editions N°1

 



 

 

 

 

 

 

Tableaux : Guillaume BARAZER

publié dans : poesie communauté : L'écriture dans tous ses états ajouter un commentaire commentaires (7)   
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Commentaires

Quel plaisir de pouvoir parcourir ton blog à nouveau (pour combien de temps hélas ?). Je n'avais jamais entendu ni eu l'occasion de lire ce texte de Léo Ferré que j'admirais pourtant. Les tableaux sont magnifiques, je suis tellement sensible à tout ce qui concerne la mer. Merci de nous faire partager cet instant. Avec toutes mes pensées les plus amicales. Danielle
Commentaire n° 1 posté par Danielle le 03/11/2008 à 18h28
j\\\' aime venir lire ton blog , je le trouve agréable bravo à toi qui à           l\\\' âme d\\\' un poète


merci pour ton joli message , je découvre un magnifique texte , malheureusement inconnu pour moi Léo Ferrè
Commentaire n° 2 posté par ness le 30/06/2007 à 20h47
magnifique ton blog est superbe
Commentaire n° 3 posté par roserouge le 25/06/2007 à 07h40

leo c\\\'est merveilleux


fernando

Commentaire n° 4 posté par BRONCHAL FERNANDO le 24/06/2007 à 23h57

je m'aperçois moi aussi que je ne connaissais pas ce texte, Les tableaux sont très beaux bon choix


bonne fin de journée


bises

Commentaire n° 5 posté par lili le 24/06/2007 à 23h20
Image Hosted by ImageShack.us je ne connaissais pas non plus c"est très beau ! je reviendrai quand j'aurai réglé mes problèmes d'ordinateur ... merci pour ta visite ! tendresse.
Commentaire n° 6 posté par Mrs Tea le 24/06/2007 à 22h05
Je découvre le texte d'une chanson  de Léo Ferré que je ne connaissais pas, merci de le partager avec nous. Passe une bonne fin de dimanche et merci pour ta gentillesse bisous
Commentaire n° 7 posté par domi le 24/06/2007 à 17h03

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