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Texte Libre

Mercredi 22 juillet 2009

Quand mon âme est si vide autant que l’est mon cœur
Je me laisse emporter par l’insigne noirceur
Qui gomme de ma vie autant de ses couleurs
Et me donne du temps une infinie douleur
Quand se passe son flot où n’est plus le bonheur
Qui m’a tant déserté en me laissant la peur !

Je regarde la route : à l’avoir tant courue
Ai-je bien fait ou pas de l’avoir parcourue
Au point qu’au soir la mort m’est accourue
Quand j’ai vu ta douleur et  ne l’ai secourue
Puisque ton âme aussi, je l’ai tant discourue
Sans vraiment te savoir à jamais disparue…

Que faire désormais de cette vie sans âge
Que rechercher sinon les traits de ton visage
Dans ces gens inconnus détruisant ton image
Quand je me tue en vain à saisir le mirage
Fuyant à l’horizon comme un sombre présage
De grande solitude au seuil d’un long voyage…

Il faut me résigner à ce si triste sort,
Accepter d’être seul pour affronter la mort
Ne plus faire non plus semblant d’y croire encor
Puisque n’ai plus le coeur à chercher réconfort…
L’amour est mort en moi quand il était si fort
Et ses voiles brisées ne prendront plus d’essor…


Quand mon âme est si vide autant que l’est mon cœur
Je me laisse emporter par l’insigne noirceur
Qui gomme de ma vie autant de ses couleurs
Et me donne du temps une infinie douleur
Quand se passe son flot où n’est plus le bonheur
Qui m’a tant déserté en me laissant la peur !

22 juillet 2007

 






Peintures : Louis Mathieu Verdilhan (1875-1928)

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