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"La poésie est une clameur.
Elle doit être entendue comme la musique.
Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée dans sa typographie n'est pas finie.
Elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche.
A l'école de la Poésie, on n'apprend pas : ON SE BAT!"
Léo Ferré : Préface de "Poète vos papiers" 1956
Que dire de ces jours que je trouve aussi
doux ?
Quand je ressens cela comme un si grand sourire
Qui s’accroche à ma vie et bouleverse tout
Quand elle me regarde ou lorsqu’elle soupire…
Je la voudrais à moi et rien n’est important
Que de me délecter de son visage d’ange
Quand ses lèvres pour moi me murmurent le chant
Qui renaît dans sa voix à son timbre qui change…
Que dire de mes sens dans l’écume du temps
Dans l’odeur de son corps sur sa peau lisse et claire
Mêlant à son parfum celui de ses onguents
Quand d’elle je m’approche effleurant son mystère…
Sur ce corps long et svelte infiniment gracieux
Sa cambrure du buste et ce ventre de femme
Le galbe de sa hanche au cours mystérieux
Je ne puis retenir les élans de mon âme…
Que dire de ma joie pour moi de découvrir
Ces regards aussi purs et ce bonheur intense
Quand le bleu de la mer dans ses yeux vient s’ouvrir
Aux charmes oubliés des jours de mon enfance…
Je la voudrais toujours surmonter mon oubli
L'imaginer à moi et l’aimer sans rien dire
Et conjurer le sort que les années m’on pris
En lui donnant vacance au soleil du midi !
Vois-tu je ne sais plus car le temps d’exister
Le temps d’aimer vraiment et son cours éphémère
Déjà me fait pleurer lorsqu’il faut se quitter
Et chanter ce refrain que j’écoutais naguère…
Sur une branche de bois mort
Le dernier oiseau de l’été
Se balance
Dernier dimanche en ce décor
Où meurt le sourire enchanté
Des vacances
Dernier soleil qui vous salue
Et qui s’éclipse au fond des nues
Dans sa gloire
Demain sera fini l’amour
Et nous n’aurons plus les beaux jours
Qu’en mémoire
A quoi bon dire : « A l’an prochain »
Quand on n’est pas du tout certain
D’être ensemble
La vie se plait à séparer
Ceux qui dans le bonheur d’aimer
Se ressemblent
Et puis les jours et les saisons
Tout comme l’amour et les chansons
Sont volages
Ce soir ton cœur et là
fidèle
Oui mais demain plus
d’hirondelle
Sur la plage…
Non il n’est jamais revenu
Le temps béni, le temps perdu
Triste chose
Le temps de mes premiers émois
Qui fleurissaient comme les lilas
Et les roses
Pourtant le soleil avait dit
« Je reviendrai après la pluie
De décembre »
L’hiver a quitté son linceul
Et je reste là toujours seul
Dans ma chambre…
A mélanger les souvenirs
A ne savoir lequel choisir
Passent les heures
A me dire « il faut être fou
Pour en rire ou bien après tout
Qu’on en pleure
Cela n’est pas très important
J’avais quinze ans, vingt ans, trente ans
Que m’importe ! »
Disons-nous pour nous consoler
Qu’on a bien fait de s’envoler
De la sorte…
J’entends alors comme une voix
Qui murmure je ne sais pourquoi
Des
rengaines
Toutes me redisent en leur refrain
Ces mots
qui mots qui me font à la fin
De la peine
« Que viens tu faire en ces lieux
Toi qui cent fois fis tes adieux
A l’enfance
C’est toi la branche de bois mort
C’est toi l’oiseau, la mer, le port,
Les vacances… »
11
août 2007

Paroles de la chanson :
l'Oiseau des Vacances
Charles Trénet
Peintures :
Sylvie Lemelin (Québec)
http://www.toutenart.com/Sylvie%20Lemelin/SylvieLemelinport.htm