
Ton murmure s’est fait bruissement d’un feuillage...
Et ton souffle qui manque à mes journées sans âge
Se confond, je le crois, aux bourrasques de vent
Où l’écho de ta voix se mêle bien souvent…
En ce ciel bleu et pur, tu as fait le silence
Mais l’Azur où tu gis n’est plus qu’une souffrance
Sous le soleil qui luit de ses rayons de feu
Eblouie, je défaille en croyant voir tes yeux !
Car je te sais si près, foulant l’herbe menue
Du frôlement discret de tes pas en mes pas,
Qui vibre et monte en moi, si ton ombre n’est pas !
Faut-il de cette flamme encore entretenue
Eclairer mon chemin pour partir à jamais
Dans l'Absence du Monde où je t’ai tant aimé ?…
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J'ai
cueilli ce brin de bruyère
L'automne est morte souviens-t'en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps Brin de bruyère
Et souviens-toi que je t'attends
Et souviens-toi que je t'attends
Guillaume Apollinaire (L’Adieu)
Peintures : John CURRIN Né en 1962, à Boulder, Colorado USA
& Lucian Michael FREUD, né le 8 décembre 1922 à Berlin (Allemagne),
publié dans :
Les Adieux
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Si toi aussi tu m'abandonnes
Comment supporter le temps
Sans le goût de ce que tu donnes
Et tout ce que tu me reprends
Si tu t'en vas comme tant d'autres
Avant toi et bien avant nous,
Dans ce silence où je me vautre
Voudrais-je en devenir voyou!
Si tu me fais tant de reproches
Las, je ne saurais résister
A d'aussi subtiles approches
Quand d'amour je veux exister…
Si toi aussi tu te détournes
Comme tous ces êtres soumis
Ayant d'un bonheur qu'ils contournent
L'illusion d'aussi pales acquis…
Si c'est ainsi que tu abdiques
La confiance que tu avais
Aussi belle et si véridique
Reprends là donc : si tu savais…
Puisque ce que j'ai voulu prendre
Et ce que je voulais donner
N'est plus qu'un numéro à rendre
Evitant de téléphoner…
Si tout cela et plus encore
Quand tout de moi et tant de toi
Inclinait à ce qui nous dévore
Pour se donner avec la foi !
Si plus rien de toi ne m'apporte
De ta voix les intonations
Et de ton rire où tu m'emportes :
Comment vivre encor d'émotion?
Si toi aussi tu m'abandonnes
Nous ne retrouverons jamais
Autant de ce que vie nous donne
Et qu'en sacrifice on défait!…
4 octobre 2007
Peintures :
Alessandro Allori
(Florence 31 mai 1535 - Florence 22 septembre 1607)
publié dans :
Les Adieux
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Il y a tant de toi dans, tant de souvenirs
Tant de regrets non dits que jamais je n'avoue
Il y a tant de ton être aux confins du partir
L'odeur de ton corps et ta main sur ma joue…
O mon amour si loin, si tu savais mes pleurs
Quand au fond des forêts je cherche ton image
Ne saisissant que Vent qui décoiffe les fleurs
D'un souffle matinal en te rendant Hommage !
Il y a tant de toi, dans toutes tes chansons
Qui reviennent en moi au cœur de ton silence
Toutes, elles ont gardé l'étrange sensation
D'être à sang et à feu de ton incandescence…
Dans cet isolement où je veux m'égarer
En ce deuil que j'éprouve au cœur de la vallée
Loin du monde et de toi, je voudrais t'effacer
Mais ne fais que bâtir, pour toi, un mausolée…
Il y a tant de toi et tant de notre amour
Dans ces mots qui sont morts au sortir de tes Lèvres
De n'avoir survécu à ces serments d'un jour
Auxquels j'avais tant cru à en perdre mes rêves…
Vois tu, le temps nous quitte et il m'effacera
De ta vie, dans ses bras où tu te réfugies
Et chaque mot écrit pour ne Le perdre pas
Ferme sur moi la dalle au tombeau d'Amnésie…
Mais il y a tout de toi au fond de mon cercueil
Pour que je m'y allonge en sachant que tu restes
Pour jamais dans mon sang comme un ultime accueil
De cet amour si pur dont mon trépas atteste…
22 août 2007

Tableaux : Guillaume BARAZER
http://perso.orange.fr/guillaume.barazer/
publié dans :
Les Adieux
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