De ta fragilité tu battis ta puissance
Plantant tes pilotis dans le sable en mouvance
Pour
faire miroiter tes Palais dans les eaux
Dont ta sérénissime inondait ses canaux…

Mais cette faible assise à ta puissance austère
T’exempta de l’orgueil de posséder la terre
Portant tes prétentions aux confins du Levant
Pour chercher ta fortune aux épices d’Orient !

Car tu tins l’Occident au cœur de ta défiance
Eblouissant ses Rois des Trésors de Byzance
Donnant à leurs joyaux ta lagune en écrin
Qu’aucun ne put défier tant ton Lion était craint !


Aux mosaïques d’or du chœur de sa coupole
Veille ta vierge noire afin que tu t’isoles
A l’écart de tout choix définitivement
Une main vers l’Orient, l’autre vers l’Occident…

Et forgeant tes canons pour armer tes navires
Tu as dompté la mer pour éviter le pire
Ouvrant tant de chemin à tes explorations
Des routes de la soie aux confins des nations!

Ne gravant pas de noms aux frontons de tes fresques
Préférant te vêtir d’habits carnavalesques
Pour soumettre à l’Etat les grands et les puissants
Garder ta République au prix même du sang !


Me voudras-tu un jour au palais de tes doges
Quand je me laisse aller à te faire un éloge

Et sous le campanile au soir quand il fait tard
Ecouter tes violons sur la place Saint Marc…


Et quand je perds mon âme à courir tes ruelles
Pour enjamber tes ponts donnant sur des venelles
C’est à me retrouver que je te fais soupir
Mais c’est autre que moi que je vois revenir !

Je te veux O ma mie admirant ces gondoles
Traçant leur fin parcours dans les murs qu’elles frôlent
Et dans leurs vernis noirs, brillant sous le soleil,
Habiller nos émois d’une lune de miel…


Et sous le Rialto filer dans leur dérive
De nouveaux sentiments portés loin de nos rives

Jusqu’à ce que la nuit, elles viennent à quai
Assoupir leur étrave en de saillants reflets…

O ma Serenissime !

Je serai vagabond comme le fut Kérouac
Et puis je partirai plus loin au nord du Nord,





























