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Texte Libre

Jeudi 24 août 2006

Un ange aux yeux bleus est passé dans ma vie et m'a regardé doucement comme un enfant...
Et de sa chevelure d'or il a fait une ondoyante écharpe autour de mon coeur.
D'un sourire discret, si plein d'incertitude, il enveloppait mon être d'une présence totale.
J'étais supposé être sérieux quand j'aurais voulu lui dire combien sa beauté me touchait.
Et je devais lui parler comme un adulte quand je n'avais envie que de le prendre par la main ...
Un ange aux yeux bleus est passé par ma vie, virevoltant dans mon esprit.
Et puis il est parti, innocent et pur, comme une étoile s'efface sur la toile d'un ciel de nuit.
Et je ne m'en suis pas remis
.

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Mercredi 28 juin 2006

Si je devais décrire mon état d'âme du moment, je me dis que j'aurais bien du mal.
Tout en effet semble basculer depuis quelques semaines.
De mauvaises expériences, traumatisantes... Et l'envie de tout envoyer en l'air. La révolte contre le temps qui passe et qui me vole mes images, mes rèves. Au final, cette terribe absence de désir qui, bien plus que d'objet même du désir (suivant cette fameuse citation d'Aron) me plombe comme un corps mort au fond de l'eau...
Et ce sentiment d'une blessure qui ne cicatrise pas au fond de moi et par laquelle s'épanche tout mon sang et toute mon énergie vitale, me condamnant à subir le quotidien sans plus pouvoir interférer sur lui... Cette idée même de la vie enfin qui, pour la première fois pour moi, était à l'ordre du jour de mes interrogations.
Vraiment les paroles de Charles Trenet sonnaient comme un glas irrémédiable ...
Fidèle, fidèle pourquoi rester fidèle
Quand tout change et s'en va sans regrets
Quand on est seul debout sur la passerelle
Devant tel ou tel monde qui disparaît
Quand on regarde tous les bateaux qui sombrent
Emportant les choses qu'on espérait
Quand on sait bien que l'on n'est plus qu'une ombre
Fidèle à d'autres ombres à jamais
.
Et je ne sais comment j'aurais réagi, si même j'aurais tenu le coup sans cette rencontre... Car il faut reconnaître que le DESTIN s'il existe se charge de nous envoyer des messages forts à certains moments et il s'est trouvé qu'à ce moment précis où tout s'écroulait, apparaissait dans le ciel tourmenté de ma vie, un espace de lumière, une trouée de soleil inespérée...
Rencontre fulgurante, presque violente. Une voix dans le silence avec une attention, une compréhension totales...  Sans qu'il y eût le moindre effort de ma part  - moi qui suis tellement jaloux de mon pré carré, de ce premier cercle qui ceint ma vie intime et qui divise l'humanité entière en deux catégories hermétiques: les extérieurs (au nombre infiniment grand) et ceux de l'intérieur (au si petit effectif qui soit...) -  je me trouvais soudain face à une  nouvelle PRESENCE, immédiatement localisée dans mon intimité, sans aucune autre forme de préliminaire... Elle était là pour moi, attentive, réactive.
Je vivais donc soudain une dualité totale : l'enfer de mon angoisse et de ma vie tout au long du jour et, le soir, la découverte d'une âme soeur faite comme moi, souffrant des mêmes angoisses et des mêmes tourments. Dualité et besoin aussi. Besoin de cette âme double, besoin d'elle et de sa vie, besoin de son regard sur moi, sur ce que je peux produire...
J'ai beaucoup de mal encore à formaliser mon sentiment. Mais je veux l'écrire ici pour témoigner aussi : peut-être que cette rencontre m'a purement et simplement sauvé la vie, au moins pour l'instant...
Sauver ma vie au sens où je n'avais plus de vie à défendre ; au sens où plus rien ne paraissait devoir me retenir parce que Moi (le concept même du Je=sujet), n'avait désormais plus de siginification... Que tout ça avait disparu dans la désagrégation de ma matrice originelle qui, par là même, infirmait toute la suite, donc toute ma vie.
Oui et je l'ai écrit (car celà aussi je lui dois = pouvoir écire l'inconcevable au moment le pire)
Je ne sais encor dire autant qu’il le faudrait
L’indicible douleur d’un espoir qui me quitte
De ces jours habités d’un infini regret
A retenir en vain les désirs dans leur fuite

mais aussi il faut que je l'avoue une joie lénifiante d'être enfin compris ou au moins entendu...
Je ne suis pas capable d'analyser, mais de restituer seulement ce ressenti soudain et mon coeur qui bat plus fort à chaque instant où je pense à cette âme soeur que j'aime d'un amour pur, complètement pur et défait de toute considération charnelle ou matérielle, expérience complètement nouvelle pour moi...
Je ne suis pas capable non plus d'envisager l'avenir.
Encore moins d'être abandonné, privé de cette tranfusion de vie qui me redonne chaque jour juste ce qu'il me faut de globules pour survivre.
Je ne sais pas.
Je voulais le dire.
Le crier dans la nuit, seul debout sur la passerelle...

 

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Lundi 22 mai 2006

Quand je me connecte le soir, il y a le reflet d'un homme fatigué sur l'écran de mon ordinateur....  Un homme éreinté et floué par le temps dérobbé...

Tant d'espoirs factices en ce jour finissant, et de vrai désespoir dans ces rires d'adultes repus ; tant de d'auto-satisfaction et d'infatuation... Et de mots inutiles, de discours faciles, dits avec la conviction des hommes sûrs d'eux-mêmes, de ceux qui se contentent du plaisir de la panse et de la fausse gloire d'une virilité puérile...

S'ils savaient tous ceux là comme je hais le grand cirque de leur journée qui me vole mes rèves et me plombe les ailes... Combien je hais ces matins sans but à se mettre en route vers un jour sans attrait et déjà si plein de la vacuité des convenances et des obligations...

Mais quand la lumière éclaire mon écran et que je tape mon pseudo, ja vois apparaître une petite main tendu vers une fleur. Et c'est ptit Pim qui est là et qui m'attend sur MSN pour  me dire bonsoir. 

Mon pt'it Pim combien j'espérais cet instant de t'envoyer ce bouquet de mots que j'ai cueilli aujourd'hui dans un coin bien caché de mon ennui de vivre... car toi aussi tu est las de ces jours sans mémoire.

Tu me réponds par une phrase courte et des soleils rieurs que tu joins comme autant de mercis. Alors ce vide qui me hante se remplit  soudain: tu es là, juste derrière l'écran, au bout de mes mots, comme une musique sur la portée et ma vie se remet à vivre par magie....

Ptit Pim, il faut que je t'avoues : je t'imagine sans te voir et je t'entrevois pourtant sourire à ces mots que je t'envoie comme autant de signes de la main. Ptit Pim, ce sont des brassées de bonheur sauvage  que tu répands en retour sur mon coeur et ta poesie est comme un ile où j'aime me réfugier.

Ptit Pim, le parfum de ton âme si pure accompagne ces mots que tu dessines pour moi sur ton clavier et qui touchent mon âme comme une jouvence enfin trouvée...  Ptit Pim, je te croyais fragile et c'est toi qui me rassure et cette petite musique que tu distilles du fond du coeur s'écoulera demain dans mes veines pour me donner la force d'attendre ton retour...

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