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Texte Libre

Samedi 26 avril 2008

 Je partirai par un matin

Souillé de brumes hivernales…

J'aurai jeté tous mes refrains

Toutes mes illusions fatales !

J'aurais  ôté de mon esprit

Ces rêves qui font des mirages...

 

Et, las, sans rêves ni dépit,

Sans amour, ni haine ni rage,

Je m'éloignerai lentement

De la ville encore endormie...

Et mon coeur plein d'enchantement

Ne regrettera plus sa vie…

 

Car je marcherai de longs jours

Dans les forêts et les campagnes,

Car, ainsi, j'irai pour toujours

Sans chien, sans ami, sans compagne.

 




















Peintures : Jef Friboulet
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Dimanche 6 avril 2008

 

Un rayon de lumière est venu ce matin
Caresser les buissons et les fleurs du jardin
L’air était un peu froid, l’herbe toute mouillée
Sur la plaine j’ai vu quelque blanche nuée…

Un instant j’ai marché sans bruit sur le sentier
Sans m’en apercevoir doucement j’ai rêvé…
Alors j’ai retrouvé des choses oubliées
En voyant les cyprès et leurs branches pliées…

Je regardai le ciel qui était pur et bleu
Et la mer au lointain qui scintillait un peu
Sur sa ligne d’azur, à l’horizon qui flanche
Penchait une fugace et frêle voile blanche…

Mais un instant plus tard le soleil  se leva
Dans le ciel  triomphant, au loin, il s’éleva
Inondant le jardin de mille couleurs vives
Il éblouit  mes yeux et mon âme rétive…

Et quand fondit le givre en mille gouttes d’eau
Et coula la rosée en un lent filet chaud,
J’aurais voulu pleurer en laissant une larme
Mourir sur l’herbe humide où s’estompait un charme !










Peintures : Claude Monet (Paris : 14 novembre 1840 – Giverny : 5 décembre 1926)





 















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Samedi 15 mars 2008

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Je te conterai cette histoire
D’une légende sans mémoire
Au fond des mille et une nuits
Lorsque la lune blanche luit…

Celle d’un pêcheur scandinave
Jeune et blond garçon au teint hâve
Qui rêvait seul sur les rochers
Pour voir le soleil se coucher…

Face à l’océan et sans peine
Il rêvait l’étrange sirène
Qu'évoquent souvent les anciens,
Les jours où le bateau revient...


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Elle était grande douce et belle
Et sa chevelure autour d’elle
Irisait de sa lumière d’or
Les eaux et les voiles du Port…

 


Combien auraient voulu connaître
La magique beauté d’un être
Qui ensorcelait les guerriers
Afin de mieux les attirer…

Pourtant, le soir aux lueurs sombres,
Lorsque les flots dans la pénombre
Pleuraient leurs larmes aux parois
Des fjords, il demeurait sans voix…

 

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Il aurait donné maintes pêches
Mis son navire en cale sèche
Pour l’entrevoir un seul instant
Et lui livrer son doux serment…


Une nuit d’hiver sans étoile
Sous le vent, il vit une voile
Prise dans les flots rugissants,
Par la force des éléments...



C’était un navire en naufrage
Qui tentait vainement l’amarrage
Mais ne pouvait, des tourbillons,
Eviter un sort de perdition…

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Alors il l’aperçut, si frêle,
S’agrippant au mat: c’était elle !
Quand une lame l’emporta,
Sans réfléchir, il se jeta !

Dans l’eau, on les vit se rejoindre
Et leurs chevelures se joindre...
Puis la mer unit leurs deux corps
Pour les engloutir dans mort !

 

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Le sais-tu, aujourd’hui encore,
Aux vents que les pêcheurs abhorrent
On prétend que se mêlent les cris
Des amants qui se sont épris…



Des amants qui se sont épris…

 

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Peintures : Claude Joseph Vernet, (Avignon le 14 août 1714 - Paris le 3 décembre 1789)

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Lundi 10 mars 2008

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Entourés par la Lande et par les marécages
Enveloppés de brume et de sombres présages
Naissant avec la nuit, se dressent dans le noir
Les incertains contours d’un sombre et vieux Manoir…

 

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Ses tours tombent en ruine et des herbes sauvages
Recouvrent les grands murs de leurs obscurs feuillages
Sous un toit effondré, là haut dans un grenier,

Un hibou a pris gîte : il se met à huer… 


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Dans la cour désertée une mousse putride
A recouvert le sol d’un vert tapis humide,
Un vieux portail rouillé grince et crie en s’ouvrant,
Sur ses gonds fatigués il semble agonisant…

 

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Parfois on peut entendre une cloche qui sonne
Mêlant aux bruissements sa note monotone
Elle est depuis longtemps l’unique objet vivant,
Se réveillant parfois aux bourrasques de vent…
 

 

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Tout est désolation depuis bien des années
Il ne reste plus rien dans les pièces hantées
Par les esprits de ceux qui ont vécu ici
Dans ce triste Manoir qui tombe dans l’oubli…

© lailesurlaplume - 2008

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dessins de Victor Hugo

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Jeudi 15 novembre 2007

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Quand reviendront les jours de rire
Et le soleil sur les étangs?
Les nuages sont en délire
Comme des vagues sous le vent…

Au loin un aboiement s'essouffle
Et tous les gens, bon gré, mal gré,
Voyant que le vent d'hiver souffle
Se préparent aux jours mauvais…

Oui, quand me remettrai-je à rire
Et quand irai-je comme avant
Par le clair chemin qui s'étire
A travers champs, vers les étangs?

 

Peintures : CAMILLE PISSARRO (1830 - 1903)pissaro4.jpg

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Jeudi 15 mars 2007















Soirs d'automne dans les allées,

Ou sous les vérandas...

Nous faisions mille pas,

Il y a longtemps, n'est-ce pas ?

Il y a tant d'années...

Dis-moi, l'as-tu oubliée,

Celle dont tu rêvais,

Durant ces soirs d'automne

Dans les allées,

Quand les feuilles ocres et jaunes,

Craquaient sous nos pas égarés ?

Nous l'imaginions si belle...

L'as-tu rencontrée un jour ?

Moi, je ne sais, si je dois croire encore en elle...

Passent les rêves, les songes d'amour,

Viennent les joies et les doutes

De nos succès, de nos déroutes,

Jeux d'ombres et de lumières

De l'autre côté de nos rêves

Qui se perdent sur les grèves

Infiniment bleues

Kaléidoscopes mystérieux

De nos déceptions amères...

Je te redemanderai toujours :

L'as-tu rencontrée un jour,

Celle dont tu rêvais

Ces soirs d'automne dans les allées ?

L'as tu seulement approchée,

Celle qui hantait notre jeunesse,

Cette jeunesse de désarroi,

Que nous avons laissée filer sans elle,
Pour qui, pour quoi, pour quelle loi ?


 

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Mardi 6 juin 2006



La nuit est vide autour de moi,
J'erre dans l'obscur et le froid
L'air est oppressant et sans vie,
Je tombe dans le noir, j'oublie
Ma condition anéantie...
Pas la moindre clarté qui luit
C'est la noirceur la plus profonde
Sur la réalité du monde
On ne peut que rentrer en soi
Pour mesurer son désarroi...
Et moi, je songe en ce mystère
Qu'elle est douce la lumière
D'un sourire ou d'une amitié
Quand, dans l'ombre, un coeur esseulé
Voit qu'il ne lui faut dans sa peine
Qu'un peu plus de chaleur humaine.

Février 1971

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Vendredi 26 mai 2006


Il pleut tout doucement et le bruit monotone

De l'eau sur les carreaux vient m'annoncer l'automne

Il va tout effacer des parfums de l'été

En mouillant le jardin désormais sans gaieté...

Il n'y a plus de fleurs et tout se couvre de sombre

Et je ne vois plus rien, je ne suis plus qu'une ombre...

Une immense tristesse envahit la maison

Où la joie a fait place à la désolation,

Désolation sans fin du pays qui s'endort

Et sentiment cruel de l'été qui est mort.

Il pleut tout doucement et le bruit monotone

De l'eau sur les carreaux en mon esprit résonne.

 

Septembre 1970

 

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Jeudi 25 mai 2006

Que nous restera-t-il d'ici quelques années

De notre adolescence et de son temps passé

Nous ne garderons rien que des roses fanées

Qui rescussiteront des regrets effacés

Ou bien quelque musique en valse ou symphonie

Parfum de notre jeunesse et de son univers

Un peu de romantisme ou de monotonie

En relisant Rimbaud Verlaine et Baudelaire

Qui touchaient tant nos coeurs, en voyant quelques larmes

Séchées sur cette feuille où j'écris aujourd'hui

Que nous restera-t-il de ce temps plein de charmes

Qui s'en va doucement, nous laissant dans l'ennui....

 

 

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