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Dimanche 29 juillet 2007


Aujourd’hui tandis que je montais la montagne, par cette route abrupte vers ce col, le plus haut de l’Europe, tandis que mes muscles demandaient grâce, et que mon esprit flanchait sous  le soleil implacable, j’entendais dans ma tête ces paroles d’Aznavour dont la musique m’assourdissait dans ma souffrance !

De t'avoir aimée, aimée comme un fou
Aimée a genoux, bien plus que debout
À n'en plus dormir, à n'en plus manger
Que me reste-t-il, de t'avoir aimée ?

De t'avoir aimée, de l'âme et des yeux
À en oublier, jusqu'au nom de Dieu
Pour ne plus avoir, qu'un nom à crier
Que me reste-t-il, de t'avoir aimée ?

Reste que ma voix, sans écho soudain
Restent que mes doigts, qui n'agrippent rien
Reste que ma peau, qui cherche tes mains
Et surtout la peur, de t'aimer encore
Demain presque mort

De t'avoir aimée, aimée de douleur
À m'en déchirer le ventre et le cœur
Jusqu'à en mourir, jusqu'à m'en damner
Que me reste-t-il, de t'avoir aimée ?

Ne me reste plus
Qu'un amour que tu
Viens d'écarteler

Oui, de t’avoir aimée…  De t’avoir aimée comme un fou !

Quand au pied de ce mont qu’il me fallait encore gravir, comme une muraille devant moi, alors que mon corps ne répondait plus, et que mon âme s’effondrait parce que je n’y croyais plus, et que tant m’encourageaient, d’autres paroles m’envahissaient aussi…

Les ai-je entendues, les ai-je suivies?….

Je ne sais plus...

Il faut savoir encore sourire
Quand le meilleur s'est retiré
Et qu'il ne reste que le pire
Dans une vie bête à pleurer

Il faut savoir, coûte que coûte
Garder toute sa dignité
Et malgré ce qu'il nous en coûte
S'en aller sans se retourner

Face au destin qui nous désarme
Et devant le bonheur perdu
Il faut savoir cacher ses larmes
Mais moi, mon cœur, je n'ai pas su

Il faut savoir quitter la table
Lorsque l'amour est desservi
Sans s'accrocher l'air pitoyable
Mais partir sans faire de bruit

Il faut savoir cacher sa peine
Sous le masque de tous les jours
Et retenir les cris de haine
Qui sont les derniers mots d'amour

Il faut savoir rester de glace
Et taire un cœur qui meurt déjà
Il faut savoir garder la face
Mais moi, mon cœur, je t'aime trop

Mais moi, je ne peux pas
Il faut savoir mais moi
Je ne sais pas
 !...

Au moment où je m’effondrais derrière la ligne et qu’on me soutenait, et qu’on me réchauffait, je les entendais ces mots me transpercer le cœur… Il faut savoir, il faut savoir, et je les murmurai à cette jeune secouriste qui ne comprenait guère : il faut savoir mais moi, je ne sais pas…

Je ne saurais jamais...

Et je voulais rester, m’engloutir dans la souffrance tout en haut des cimes de la Bonette  !

De t'avoir tant aimée!

29 juillet 2007 Dans Le journal d'un Humain...




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Samedi 16 juin 2007



Pourquoi disparais tu ? Pourquoi t’éloigne tu ?
Je te sens t’échapper sans rien pouvoir de plus..
Je te vois me quitter, sans ne savoir que dire…
Comme un bonheur qu’on me volerait
Avant même l’avoir contre moi serré…
Et je reste  planté là sans même réagir.
Comme un gosse voyant les ballons s’envoler
Es-tu donc partie aussi loin sans pouvoir revenir ?
Ai-je donc puisé tous mes mots en vain ?…
Ai-je donc écrit des vers qui ne servent à rien ?
Et l’absolu que je tenais doit-il fuir de mes mains ?
Sans doute ne  t’étais tu posée sur mon épaule
Que le temps fugace de cet instant d’amour…
Pour mieux reprendre en définitive ton envol
dans cet autre sens de ce monde, sans retour
Du coté du miroir que je ne connaîtrais jamais,
Celui que seuls les anges peuvent fréquenter…
Mais moi que suis-je donc pour avoir cru en toi
L'austère fauconnier qui t’a tendu le bras
Pour que tes serres aiguisées tu puisses accrocher
Et que ton souffle court, tu puisses se retrouver ?…
A te voir repartir de moi, suis-je donc condamné
Vers des amours rapaces à te laisser damner ?
Suis-je donc vraiment si petit et misérable,
Pour que dans ton palais au milieu des sables
Tu aies voulu, une nuit, me faire entrer
M’ouvrir tes bras et me donner ta lumière
Et  me laisser approcher de ton mystère
Sans autre issue possible que de venir  m’y brûler
Et pour toujours en ce désert vouloir ton nom hurler ?

16 juin 2007

 

 

 

 

Dans cette solitude où donc te retrouver?

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Lundi 4 juin 2007

Faut-il être muselé.Ne pas parler.Demeurer baillonné !
Privé de liberté. Etre dans l'incapacité de communiquer.
Vivre une vie où je ne suis que l'acteur des ombres de ma vie...
Une ombre chinoise qui joue pour un public qui ne retient de moi que ces formes sur le drap...
Qui suis-je, qu'est-ce que je pense, qu'est-ce que j'éprouve?
Sont-ce même des questions qu'on admet de se poser ?
Je n'ai pas ce droit,! Qui est derrière l'écran, qui donc manie les ombres?
Personne ne se le demande!
Je dois être ce qu'on attend de moi...
Cet homme respectable, équilibré, qui sait se tenir, gérer, parler...
Un père, un mari, un ami, un fils...Un frère d'outre tombe...
Tout ça sur des épaules trop étroites.
Et je n'ai pas le droit à la faiblesse, à la défaillance.
Alors qu'il y a tant de douleur, tant de souffrance , tant de fracture...
Le gouffre est en dedans qui aspire mon ame,
Il me jette en pature à la bête immonde qui me dévore de l'interieur!
Cette blessure qui me prive du bonheur ordinaire, qui m'éloigne de la vie, m'ote le désir meme de vivre, cette blessure jamais ne peut être montrée, ni soignée...
A quoi bon les vanités, les projets, les voyages et les fêtes?
Quand je te parle, je revis... Toi tu comprends, toi tu me connais.
Je peux te dire ma souffrance, et tu ne me juges pas.
Tu écoutes et tu me calmes... Tu ne prétends rien changer et pourant tu me changes...
Et quand je referme la fenêtre qui m'unit à toi, je suis comme un gosse sans sa mère...
Ta présence m'extirpe et ton absence me replonge...
Mais que te demander plus que tu ne me donnes et plus que je ne puis recevoir.
Il est déjà si tard, trop tard peut-être?
Le destin est assassin s'il nous donne trop tard le sens d'une voie qu'on a déjà suivie...
Alors s'il le faut, je me résoudrais à la solitude,  si l'existence continuait ainsi...
Et s'il fallait renoncer, je renoncerais en essayant de sourire encore, pour faire semblant...
Et je te dresserais un trône où je poserais ta couronne pour venir te servir dans l'ombre...
Et s'il le fallait, je me tairais définitvement...
Je me tairais, je n'écrirais plus.
Je ferais ce bagage léger, sans rien à quoi je m'attache...
Pour partir, avec mes mots meurtris et mes plaies béantes,
Pour me cacher comme se cachent le bêtes dans leur tanière...
Pour mourir sans faire de bruit!...


5 juin 2007







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Vendredi 1 juin 2007


Au matin, s'est levé ce nouveau jour.
L'air est frais et humide.
Il a plu toute la nuit.
L'herbe est détempée, la terre sent l'odeur de la pluie.
Au matin, je me sens comme un être nouveau.
Et mon corps est plein du délassement de la nuit.
Rien ne bouge en moi. Rien n'est encore bousculé.
Une mer calme au matin, comme mon ame.
Le soleil au lointain s'élève au dessus de l'ïle.
L'air me pique de sa fraicheur mais j'aime cette sensaiton sur les bras sur les joues.
Je ferme les yeux : il n'y a que le calme.
Je pense que tu existes;
Je pense que j'existe.
Tu dors encore là bas si loin de moi.
Je ferme les yeux...

Et je suis penché sur toi, j'écoute le souffle doux et régulier de ton sommeil.
Ton odeur me parvient. Mes lèvres effleurent la peau de ta joue.
C'est fini déjà, furtivement je me retire, je rouvre les yeux...
Il ne faut pas te réveiller.
Mais l'espoir de te voir,
Mais la joie de t'avoir...
Au matin, se lève ce nouveau jour.
Et toute ma vie recommence ici, maintenant dans ce premier jour du reste de ma vie!
Au matin, je suis encore et encore un être nouveau...



Et je suis penché sur toi,
j'écoute le souffle doux et régulier de ton sommeil....

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Mercredi 30 mai 2007


Revenir un peu sur le journal.

Je le fais maintenant car la poésie ne suffit plus !

Tout est si rapide, si intense!...

Aujourd’hui, je ne peux dire sans avoir la gorge serrée, cet état qui m’envahit.

Depuis un mois, cette présence immanente en moi et cet amour omniprésent.

Comment décrire ce torrent qui m’a submergé et qu’une étrange lumière illumine comme un soir de pleine lune.

Et ces sentiments depuis si longtemps enfouis qui reviennent en moi. Ces émotions d’un temps perdu, lorsque je m’asseyais à une table d’un café et que je refaisais le monde à mon image ; quand les amis riaient et que je rêvais de cette vie qui viendrait… Et le sentiment de pouvoir tout dire, tout exprimer, au long des quais d’une Seine qui aurait écouté mes poèmes, tandis que le monde entier aurait attendu mes livres !

Oui, aujourd’hui, je trouve dans le brouillard ce passage dans la nuit que Louis Ferdinand avait cherché en vain dans son Voyage …Et sentir battre en moi ce cœur qui était en léthargie quand je ne pensais plus qu’à survivre dans mon trou…

Quand la poésie coule de nouveau à flot d'une source de jouvence.

Et ce désir d’être. Et ce désir d’aimer et de le dire…

Exister tout le temps, exister par Elle et pour Elle.

Lui dire que je l'aime quand elle m’appelle et qu’elle rit aux éclats…

Ecrire que je l’aime quand elle me parle, quand elle m’écrit et quand elle se moque de moi !

Oublier le temps qui me guette et me retire ses faveurs.

Ne penser qu’à sa jeunesse et sa beauté !

Faire comme si j’étais un Dieu qu’on adulerait parce que si je ne suis plus rien pour personne, c’est pour elle que j’existe encore !

Et partir loin sur cette grève sur mes chevaux blancs, ceux dont je rêvais jadis en voyant "Crin blanc", qu'ils éclaboussent d'une écume salée nos amours anciennes et celles qui surviennent !...

Alors oui, refouler cette douleur qui m’étreint quand je pense à l’absence et à tout ce qui me sépare d’Elle.

Refouler l’angoisse et me dire qu’il n’ait rien de plus beau qu’une Rencontre quand on sait enfin que quelqu’un est là à penser à soi, et chasse la mélancolie comme le vent chasse les nuages sur la grève...

Quand on sait enfin pourquoi on existe…

Lorsque l’on réalise à quoi rime le défilement absurde des jours...

Et se laisser emporter par ce fleuve qui coule désormais dans le sens de l’existence…

  Galopez mes chevaux blancs, jusqu'à l'infini de la nuit!

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Mercredi 16 mai 2007


Etre vide et sans inspiration…
Et le dire sans détour.
Ne plus être capable...

Je ne suis pas un poète…
Je suis un tourmenté qui se met en rimes…
C’est tout et c’est si différent !…

Je ne veux pas vous décevoir…
Je voudrais tant être ce que l’on croit…
Etre comme je l’ai rêvé.
Mais la réalité s’impose à moi.
Mes incapacités m’obsèdent!
Et mes renoncements sont étourdissants.
Je ne suis pas ainsi, et ne le serai jamais !

Ce soir je voulais écrire pour Elle.
J’aurais voulu vous dire combien j’aime…
J’aurais voulu vous parler de ce qui est dans mon cœur…
Mais cette nuit tout va mal.
Rien ne sort de ma tête.
Et je suis comme au prise avec une bête à l’intérieur…
Qui voudrait sortir mais ne peut pas.
Et me détruit !...

Je me sens stérile alors qu’il y a tant à dire…
Et que mon cœur bat si fort pour Elle et pour vous tous…
Et que j’aime vos commentaires qui me font du bien…
Oui chaque homme verse dans la vanité.
Je n’échappe pas au principe de faiblesse…


Alors oui je vous le dis : je ne suis pas celui qu’on croit…
Je ne suis pas un poète. Je suis juste un homme qui a peur.
Peur de souffrir, peur de l’absence, peur de sa bête à l’intérieur.
Mais vous, vous êtes la présence de ce qui me rattache à ma vie…

15 mai 2007


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Jeudi 10 mai 2007

Impuissance.

Etre loin quand elle est dans la peine.
Ne pouvoir rien faire pour elle.

Impuissance.

Se réduire à regarder un écran vide où rien ne s’affiche plus.
Contempler en vain sa boite SMS où rien ne vibre…

Impuissance.

Et imaginer sa douleur.
Un couloir d’hôpital aux lumières trop blanches.
Et son regard perdu cherchant en vain un signe.

Impuissance.

Que faire pour elle, au lieu de ne rien faire.
Loin d’elle, loin de sa peine.

Impuissance

Je ne sais plus quoi faire, quoi penser...
Et le silence m’étreint.

Impuissance.

Elle souffre si loin.
Pour elle je ne peux rien.

Impuissance !...

 

10 mai 2007 (23H30)

Illustration : Karine schneider
http://schneider.karine.free.fr/

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Lundi 7 mai 2007


La solitude n’est rien.

Elle n'est pas mon ennemie.
Disons qu’elle est en moi, depuis toujours.
Et je dois savoir y retourner sans ressentiment.
Je dois savoir qu’elle sera l'aboutissement ultime.
Et ne rien attendre d'autre…

Trop de lumière brûle les yeux.
Et l’attente est souvent le prélude aux déceptions cruelles…

Ne suis-je pas ce Giovanni Drogo attendant sur les remparts du fort Bastiani, l’ennemi qui ne vient pas…
Mes Tartares à moi, ce sont les illusions de briser cette chaîne qui enserre mes membres.
Mais mon sort est-il vraiment de me défaire d’elle ?
Car lorsque, enfin, je vois venir l’ennemi, je ne suis plus que l’ombre de moi-même...

Et l’on m’évacue dans une ambulance…

La solitude n’est rien...
Non, elle anesthésie les tourments.
Elle jette un voile sur les  plaies.

Peut-être l’attente est-elle la source de l’espoir ?
Mais l’espoir peut-il être raisonnable face à la réalité de la condition humaine ?

Chaque homme dans sa nuit…

Et dans cette nuit qui s’avance et me tourmente encore,
écouter ton silence « c’est entendre le ciel sans y monter jamais… »

 

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Vendredi 4 mai 2007


Trouver les mots… Ces mots qui d’ordinaire viennent à moi comme des amis , et ces rimes qui m’étonnent et qui m’enrichissent la vie…

Trouver les mots pour le dire… Oui je le voudrais, je le voudrais tant. Mais aujourd’hui, je ne puis. Je me sens vidé comme privé de mes chers alliés. De mes protecteurs… Il y a trop de solitude dans ce que je dois dire, trop de renoncement ! Et je n’ai pas la force.

Il me faut pourtant aller au delà. Accomplir la mission… Acter, graver cette décision que j’ai prise et qui est tellement difficile. Inhumaine.

Je ne suis pas seul, je le sais , je n’ignore rien de vous tous qui m’aimez, et me soutenez. Pardonnez ma faiblesse et ma peur. Je voudrais m’échapper ou disparaître, renoncer à ces choix que je dois faire. Ne pas regarder le monde tel qu’il est, la réalité qui s’oppose aux possibles.

Mais j’ai pris ma décision …

Bien sûr, toi tu m’aimes et me le montres. Tu m’as dit que peut-être ainsi je trouverai enfin mon équilibre…

Je le sais et je te crois. Même si je t’ai répondu, péremptoire, que l’équilibre je m’en fous parce qu’il n’est que le prélude à la mort, dans la petitesse de ses habitudes, dans l’apprivoisement insigne du plaisir qu’il substitue à l’ivresse de l’absolu !…

Je ne suis qu’un animal blessé qui mort celui qui veut le soulager. Je t’en demande pardon car je t’ai offensée.

Je me rends à la raison. Je dépose mes armes comme un soldat qui ne peut plus lutter. Je suis ce navigateur des hautes mers qui revient au port sans ses découvertes…

Il me faut être fort et couper ce cordon qui me relie à ce que j’ai de plus cher, comme on coupe le nœud gordien…. Et partir en exil pour ne plus revenir. Se taire pour pleurer, pour accepter le vide et le renoncement…

A vous tous, pardonnez ce silence qui va se faire…

Il n’est que cette écharpe rouge que je ceindrai très fort autour de mon cou pour faire taire un cœur malade!…

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Mardi 1 mai 2007

Questions du jour :

Comment être honnête avec moi même et avec ceux qui m'aiment?
Ai-je jamais vraiment aimé sans l'avouer ?
Est-ce que je triche, est-ce que je trompe?
Est-ce que je ments ?
Est-ce que je cherche des excuses, des raisons?
Est-ce que je prétends avoir raison ?
Vais-je à l'autodestruction pour atteindre des chimères?
La solitude est-elle ma veuve?
En un mot résumé : est-ce que j'agis stupidement?

Questions du jour...
Tourments de ma nuit.

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