
Pourquoi disparais tu ? Pourquoi t’éloigne tu ?
Je te sens t’échapper sans rien pouvoir de plus..
Je te vois me quitter, sans ne savoir que dire…
Comme un bonheur qu’on me volerait
Avant même l’avoir contre moi serré…
Et je reste planté là sans même réagir.
Comme un gosse voyant les ballons s’envoler
Es-tu donc partie aussi loin sans pouvoir revenir ?
Ai-je donc puisé tous mes mots en vain ?…
Ai-je donc écrit des vers qui ne servent à rien ?
Et l’absolu que je tenais doit-il fuir de mes mains ?
Sans doute ne t’étais tu posée sur mon épaule
Que le temps fugace de cet instant d’amour…
Pour mieux reprendre en définitive ton envol
dans cet autre sens de ce monde, sans retour
Du coté du miroir que je ne connaîtrais jamais,
Celui que seuls les anges peuvent fréquenter…
Mais moi que suis-je donc pour avoir cru en toi
L'austère fauconnier qui t’a tendu le bras
Pour que tes serres aiguisées tu puisses accrocher
Et que ton souffle court, tu puisses se retrouver ?…
A te voir repartir de moi, suis-je donc condamné
Vers des amours rapaces à te laisser damner ?
Suis-je donc vraiment si petit et misérable,
Pour que dans ton palais au milieu des sables
Tu aies voulu, une nuit, me faire entrer
M’ouvrir tes bras et me donner ta lumière
Et me laisser approcher de ton mystère
Sans autre issue possible que de venir m’y brûler
Et pour toujours en ce désert vouloir ton nom hurler ?
16 juin 2007
Dans cette solitude où donc te retrouver?
Faut-il être muselé.Ne pas parler.Demeurer baillonné !
Privé de liberté. Etre dans l'incapacité de communiquer.
Vivre une vie où je ne suis que l'acteur des ombres de ma vie...
Une ombre chinoise qui joue pour un public qui ne retient de moi que ces formes sur le drap...
Qui suis-je, qu'est-ce que je pense, qu'est-ce que j'éprouve?
Sont-ce même des questions qu'on admet de se poser ?
Je n'ai pas ce droit,! Qui est derrière l'écran, qui donc manie les ombres?
Personne ne se le demande!
Je dois être ce qu'on attend de moi...
Cet homme respectable, équilibré, qui sait se tenir, gérer, parler...
Un père, un mari, un ami, un fils...Un frère d'outre tombe...
Tout ça sur des épaules trop étroites.
Et je n'ai pas le droit à la faiblesse, à la défaillance.
Alors qu'il y a tant de douleur, tant de souffrance , tant de fracture...
Le gouffre est en dedans qui aspire mon ame,
Il me jette en pature à la bête immonde qui me dévore de l'interieur!
Cette blessure qui me prive du bonheur ordinaire, qui m'éloigne de la vie, m'ote le désir meme de vivre, cette blessure jamais ne peut être montrée, ni soignée...
A quoi bon les vanités, les projets, les voyages et les fêtes?
Quand je te parle, je revis... Toi tu comprends, toi tu me connais.
Je peux te dire ma souffrance, et tu ne me juges pas.
Tu écoutes et tu me calmes... Tu ne prétends rien changer et pourant tu me changes...
Et quand je referme la fenêtre qui m'unit à toi, je suis comme un gosse sans sa mère...
Ta présence m'extirpe et ton absence me replonge...
Mais que te demander plus que tu ne me donnes et plus que je ne puis recevoir.
Il est déjà si tard, trop tard peut-être?
Le destin est assassin s'il nous donne trop tard le sens d'une voie qu'on a déjà suivie...
Alors s'il le faut, je me résoudrais à la solitude, si l'existence continuait ainsi...
Et s'il fallait renoncer, je renoncerais en essayant de sourire encore, pour faire semblant...
Et je te dresserais un trône où je poserais ta couronne pour venir te servir dans l'ombre...
Et s'il le fallait, je me tairais définitvement...
Je me tairais, je n'écrirais plus.
Je ferais ce bagage léger, sans rien à quoi je m'attache...
Pour partir, avec mes mots meurtris et mes plaies béantes,
Pour me cacher comme se cachent le bêtes dans leur tanière...
Pour mourir sans faire de bruit!...
5 juin 2007
Impuissance.
Etre loin quand elle est dans la peine.
Ne pouvoir rien faire pour elle.
Impuissance.
Se réduire à regarder un écran vide où rien ne s’affiche plus.
Contempler en vain sa boite SMS où rien ne vibre…
Impuissance.
Et imaginer sa douleur.
Un couloir d’hôpital aux lumières trop blanches.
Et son regard perdu cherchant en vain un signe.
Impuissance.
Que faire pour elle, au lieu de ne rien faire.
Loin d’elle, loin de sa peine.
Impuissance
Je ne sais plus quoi faire, quoi penser...
Et le silence m’étreint.
Impuissance.
Elle souffre si loin.
Pour elle je ne peux rien.
Impuissance !...
10 mai 2007 (23H30)
Illustration : Karine schneider
http://schneider.karine.free.fr/
La solitude n’est rien.
Elle n'est pas mon ennemie.
Disons qu’elle est en moi, depuis toujours.
Et je dois savoir y retourner sans ressentiment.
Je dois savoir qu’elle sera l'aboutissement ultime.
Et ne rien attendre d'autre…
Trop de lumière brûle les yeux.
Et l’attente est souvent le prélude aux déceptions cruelles…
Ne suis-je pas ce Giovanni Drogo attendant sur les remparts du fort Bastiani, l’ennemi qui ne vient pas…
Mes Tartares à moi, ce sont les illusions de briser cette chaîne qui enserre mes membres.
Mais mon sort est-il vraiment de me défaire d’elle ?
Car lorsque, enfin, je vois venir l’ennemi, je ne suis plus que l’ombre de moi-même...
Et l’on m’évacue dans une ambulance…
La solitude n’est rien...
Non, elle anesthésie les tourments.
Elle jette un voile sur les plaies.
Peut-être l’attente est-elle la source de l’espoir ?
Mais l’espoir peut-il être raisonnable face à la réalité de la condition humaine ?
Chaque homme dans sa nuit…
Et dans cette nuit qui s’avance et me tourmente encore,
écouter ton silence « c’est entendre le ciel sans y monter jamais… »
Questions du jour :
Comment être honnête avec moi même et avec ceux qui m'aiment?
Ai-je jamais vraiment aimé sans l'avouer ?
Est-ce que je triche, est-ce que je trompe?
Est-ce que je ments ?
Est-ce que je cherche des excuses, des raisons?
Est-ce que je prétends avoir raison ?
Vais-je à l'autodestruction pour atteindre des chimères?
La solitude est-elle ma veuve?
En un mot résumé : est-ce que j'agis stupidement?
Questions du jour...
Tourments de ma nuit.
